Austérité et rationalité !

Editorial La Presse

 

LES débats à l’ARP à propos du budget de l’Etat suscitent toujours une vive curiosité et surtout des controverses. Entre des ministères qui essayent de défendre les budgets réclamés, traduisant des emplois budgétisés suivant des objectifs de performance et de coûts aussi à ne pas dépasser, et des députés qui demandent le pourquoi des choses et émettent des réserves et même un veto, les ministères obtiennent souvent ce qu’ils revendiquent. Le budget de l’Etat, en tant qu’outil clé qui résume ce qu’entend accomplir le gouvernement avec un schéma clair des emplois et des ressources pour les financer, est basé sur un certain équilibre. Même un déficit prévisionnel doit être explicité d’avance avec les arguments qui le justifient. L’essentiel est de trouver un certain équilibre global et de maîtriser les finances publiques en pensant à élargir les ressources et à booster la croissance, qui représente le meilleur financement possible du budget de l’Etat.

Sauf que, parfois, on remarque une certaine inflation des charges et des dépenses publiques, notamment pour certains ministères et entreprises publiques, qui ne traduisent pas, pour autant, une meilleure productivité et des services plus efficaces. On y trouve parfois un confort de trop et des avantages faramineux pour certains postes (pas nécessairement des hauts cadres), des dépenses exagérées en déplacement et en carburant, des salaires surestimés pour des prestations quasi nulles.

Il va de soi que l’austérité budgétaire, une stratégie reconnue qui repose sur la compression de maintes charges jugées inutiles ou pouvant être reportées, ne doit pas être perçue comme étant un mauvais indicateur macroéconomique.

Le gouvernement peut, à travers un plan d’austérité budgétaire qui n’affecte pas son fonctionnement ordinaire, engranger des deniers, ce qui signifie augmenter les ressources. C’est-à-dire qu’en dépensant moins, on gagne plus en ressources sans être obligé de taxer plus. Il s’agit d’un ordonnancement intelligent des opérations et une affectation efficiente (on fait plus avec la même somme  dépensée) des ressources budgétaires. C’est un must que de rationaliser les dépenses de l’Etat à tous les postes.

C’est la rationalité qui fait du bien à l’Etat et qui lui évite l’endettement externe ou interne ou une forte imposition pour financer son budget. L’austérité, quand elle est bien étudiée et partagée par l’ensemble des citoyens, mène, à court terme, à préserver les deniers publics et à donner un signal fort à tous ceux qui pensent que le luxe et les dépenses superflues sont un signe de prospérité.

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