Chaînes d’approvisionnement: Comment gagner le pari de la résilience ?

L’avènement de la crise Covid-19 était annonciateur de changements profonds qui ont bouleversé l’ordre économique mondial. La perturbation des chaînes d’approvisionnement, suite à la mise sous cloche des pays, les restrictions à la mobilité et les confinements répétés, ont mis à nu la fragilité des chaînes d’approvisionnement qui sont, aujourd’hui, appelées à être plus résilientes.La perturbation fréquente des chaînes logistiques est désormais une nouvelle donne que les entreprises vont devoir composer avec. “Les crises et les perturbations sont devenues consubstantielles au fonctionnement des chaînes d’approvisionnement, car ces dernières sont étendues. Les entreprises doivent s’adapter à cette nouvelle réalité où les chaînes de valeur vont faire face à des perturbations plus ou moins impactantes, plus ou moins grandes et localisées”, a souligné Jihed Hannachi, fondateur de MajestEye, une startup spécialisée dans les solutions de science de données, et ce, en marge de la deuxième édition du Safran Tunisia Innovation Shaker qui s’est, récemment, tenue à la Cité de la culture.

Se différencier par rapport à la concurrence

En effet, la crise Covid et les tensions géopolitiques prévalant en Europe de l’Est (guerre en Ukraine) et en Asie (entre la Chine et Taïwan) sont la preuve irréfutable que l’ère des chaînes d’approvisionnement mondialisées semble révolue. On parle de plus en plus de régionalisation et de verdissement des supply chain. Car ces dernières doivent être résilientes, à l’abri de tout dysfonctionnement pouvant impacter le processus de production.

“ Les chaînes de valeur sont tellement enchevêtrées qu’elles sont présentes partout, et donc le plus simple des produits contient des composants et des matières premières qui proviennent des quatre coins du monde”, a expliqué Hannachi.

Selon l’expert, cette quête d’agilité passe forcément par la collecte de données qui permet à l’entreprise de prévoir les scénarios et d’agir en conséquence. “On recommande, qu’une chaîne de valeur doit être reflétée par des données les plus granulaires possibles. Il ne s’agit pas de statistiques de Dashboard, mais plutôt de données élémentaires sur le fonctionnement de cette chaîne de valeur. La construction de ces données prend certainement du temps, mais cela va devenir un actif stratégique pour les entreprises qui va leur permettre de se différencier par rapport à la concurrence. Cet actif devrait leur conférer de l’agilité. Cela représente un avantage indéniable”, a-t-il indiqué.

Mais est-ce que les entreprises tunisiennes sont assez mâtures pour s’y mettre ? Hannachi répond que la collecte de données n’est plus un choix pour les unités de production. “Ce n’est plus un luxe. Pour être compétitif dans des chaînes de valeur aussi étendues, il faut utiliser cet instrument que sont les données. Elles vont devoir acquérir cette maturité si elles veulent renforcer leur position concurrentielle dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Car si l’argent est le nerf de la politique, la data est le nerf des supply chain”, a-t-il conclu.

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