Le sens de la patrie

Editorial La Presse

 

L’agression sioniste contre Gaza a secoué la conscience des Tunisiens qui se rendent compte de l’importance d’avoir une patrie, une terre, un pays. En effet, sur l’échelle de la souffrance, ce que nous sommes en train de vivre comme rareté de quelques produits alimentaires de base ou de pénurie n’a rien à voir avec ce qu’endurent le peuple palestinien qui vit sous les bombes et confronte la mort jour et nuit, le peuple syrien, le peuple libyen ou encore le peuple irakien comme guerre, conflits et insécurité.

Dans ce siège barbare que vit Gaza, l’élan de solidarité des Tunisiens avec les Palestiniens, qui ne fait que grandir à chaque moment, témoigne non seulement d’une position juste pour une cause juste mais aussi exprime pleinement les vraies valeurs d’humanisme de notre société, de notre civilisation. Le monde s’étonne de voir un Etat pauvre, élever de la voix dans les forums internationaux pour s’élever contre les crimes de guerre et les génocides à répétition qui se déroulent à Gaza. Les grandes puissances complices de meurtres contre l’humanité sont restées sans voix devant les cargaisons d’aides humanitaires acheminées par la Tunisie aux frères palestiniens malgré le manque de ressources, devant le rejet d’une lampée de quelques millions d’euros de l’UE, devant le fait que notre pays revendique un nouvel ordre mondial plus juste et plus humain et continue à compter sur lui-même, sur ses propres ressources la tête haute et qui n’a pas courbé l’échine devant les bailleurs de fonds et leurs mornes exigences.

Mais le plus important pendant cette période, c’est que les Tunisiens ont commencé à se rendre compte de l’importance d’avoir une patrie et de la nécessité de la servir, de la chérir et de tout faire pour la préserver contre tous les dangers, contre toutes les menaces, fussent-elles internes ou externes. En effet, malgré les trous d’air et les petits tracas du quotidien dans ce petit pays, on continue à respirer de nouveau, à espérer, à vivre en sécurité.

Les Tunisiens, qui savent désormais qu’ils sont en guerre de libération d’une patrie qui a été saignée à blanc des décennies durant, commencent à comprendre les origines du mal et à mettre des visages sur des noms de  malfaiteurs qui ont amassé des fortunes mal acquises. Ils savent qu’on a fait tellement de mal à ce pays qu’aujourd’hui on cueille les fruits amers de tous les maux que lui ont causés les lobbies, les corrompus, les vendus à l’étranger, les terroristes, les contrebandiers, les hommes politiques véreux et bien d’autres malfaiteurs au col blanc. C’est pourquoi, tant bien que mal, ils s’adaptent à la sinistrose ambiante, car ils savent qu’il vaut mieux supporter un peu les difficultés du quotidien que de perdre un pouce de notre souveraineté. Cette souveraineté est la clé de notre dignité, le socle qui nous unit. En la préservant, nous vivrons en sécurité. Mais en l’exposant aux risques et aux dangers des pseudo-valeurs occidentales des droits de l’homme, de la liberté qui ne profite qu’aux puissants et à une démocratie de la honte qui autorise les génocides, soutient les Etats paria et au nom de laquelle on assassine les bébés, on ne fera que noircir notre quotidien et non l’embellir. C’est pourquoi la guerre contre Gaza changera à jamais notre façon de penser, d’analyser, de juger, de critiquer, de faire de la politique, du syndicalisme ou tout simplement de rêver. Oui, cette guerre nous apprend pourquoi il faut aimer son pays et  prendre soin de lui.

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