Qui dit patience dit Espérance ! Au Parc B, la patience est une vertu dans laquelle on puise une force. Et avec Mouine Châabani, l’EST a tout raflé en un laps de temps, balayant les critiques et les clichés qui collent à l’entraîneur autochtone, d’autant plus que la compétence  à ce niveau se jauge désormais à l’aune des compétitions continentales.

A quelques semaines du début de saison, la tendance managériale des clubs tendrait plutôt vers le retour en force de l’entraineur tunisien. En clair, les clubs de l’élite placent douzes autochtones sur quatorzes postes possibles. Avec plus de 90% de techniciens tunisiens, l’école locale est donc assez bien représentée avec les Faouzi Benzarti, Mouine Châabani, Mourad Okbi, Lassaâd Dridi, Montassar Louhichi, Chokri Khatoui, Walid Chettaoui, Chaker Meftah, Nassif Bayaoui, Lassaâd Chebbi, Masmoudi et Hatem Missaoui. Seul le Club Sportif Sfaxien et le CS Chebba n’ont pas suivi le mouvement en optant respectivement pour le Monténégrin Nebojsa Jovovic et le Français Victor Zvunka. Volet stabilité maintenant, en football, c’est bien connu, « changer n’est pas gagner », la plupart du temps. Si un noyau de techniciens ont été démis de leurs fonctions la saison passée, l’impact sur les résultats de leur équipe a été pour le moins contrasté. A contrario, la continuité est un gage de réussite. Ainsi, même s’il a opéré un virage dans sa carrière, Lassaâd Dridi, nouveau timonier du Club Africain, a quitté les Bleus du Ribat avec la satisfaction du devoir accompli.

Lanterne rouge en fin de phase aller de l’exercice écoulé, distancée même par ses concurrents immédiats pour le maintien,  l’USM a pourtant renouvelé sa confiance en Dridi à maintes reprises durant la phase retour. Résultat: le club a achevé la saison en roue libre, en trombe tel un bolide. De point de vue mathématique même, sur l’ensemble de la phase retour, l’USM caracole et place le curseur à un niveau envié par tous.

Bref, si l’USM n’avait pas accusé un retard à l’allumage, il aurait tout simplement pu composter son billet pour une compétition continentale, après avoir atteint les places d’accessit au prix d’une belle série. Oui, la saison passée, Lassaâd Dridi a incarné plus que tout autre technicien la fameuse stabilité payante à terme.

Reste à savoir s’il bénéficiera de la même mansuétude au Club Africain, un club pas forcément toujours patient avec son staff technique. Et c’est aussi le cas de l’Etoile du Sahel qui nous a  habitués à plus de retenu en ce sens. En deux saisons, l’Etoile en a « consommé » des techniciens. Madhoui, Chiheb Ellili, George Leekens et autre Roger Lemerre. Les « Diables Rouges » ont certes connu deux ou trois exercices agités sur le terrain comme en coulisses. Sauf que si les résultats n’ont pas suivi, c’est généralement le plateau technique qui trinque, fragilisé par la baisse de régime du groupe étoilé. Ce faisant, même les intérims de De Wilde, Zaaboub, Boumnijel et Louhichi n’ont pas eu la réussite attendue. Cette saison, Faouzi Benzarti retrouve son « Etoile », un club qu’il connaît sur le bout des doigts pour l’avoir conduit au sommet à plusieurs reprises. C’est forcément le pari de l’excellence, un gage de réussite pour un club qui doit retrouver de la hauteur au plus vite. Gageons qu’avec Faouzi Benzarti, le changement portera ses fruits.

Trouver chaussure à son pied

Abordons maintenant les affaires techniques du Club Sportif Sfaxien, lui aussi logé à la même enseigne que l’ESS.

En cinq ans, les coachs étrangers ont défilé à la vitesse grand V à Sfax. De Philippe Troussier à Ruud Krol, en passant par Paulo Duarte, Nestor Clausen, Jorge Costa, José Mota et actuellement Nebojša Jovovic, le Club Sportif Sfaxien a semblé en finir avec un certain corporatisme. Sauf que l’école latine, hollandaise ou généralement occidentale n’a pas toujours déteint sur le CSS, quoique le premier passage du Batave Ruud Krol a été couronné de succès. Aujourd’hui, le Monténegrin Jovovic débarque à Sfax avec des certitudes mais aussi des appréhensions. Des certitudes liées à la qualité du groupe sous la main, et des appréhensions d’ordre « existentielles » avec un club impatient de retrouver les sommets sans délais ! Qui dit patience dit Espérance ! Au Parc B, la patience est une vertu dans laquelle on puise une force. Avec Mouine Châabani, l’Espérance a tout raflé en un laps de temps, balayant les critiques et les clichés qui collent à l’entraîneur autochtone depuis un bon bout de temps, d’autant plus que la « compétence » à ce niveau se jauge à présent à l’aune des compétitions continentales, la C1 par exemple. Avec Mouine Châabani, l’EST a trouvé chaussure à son pied depuis quelques temps déjà. Pour l’ex-axial « sang et or », la fonction d’entraîneur semble si simple, soit mettre en place une démarche systématique visant à fournir aux siens les moyens pour développer leur potentiel et réaliser leurs objectifs (facile non ?). Soutenu par un exécutif omniprésent et aux petits soins, Châabani a conjugué son expérience du terrain à sa connaissance fine du milieu pour réussir. Sa crédibilité assurée auprès des joueurs fera le reste. La suite, on la connaît…

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