CHRONIQUES DE LA BYRSA: La cité, comme elle va

« C’est chouette, par ici. Dommages tous ces déchets ! ». La jeune dame, manifestement une Française, en compagnie de quelques enfants qu’elle conduisait quelque part dans ce recoin de la Byrsa, empruntait l’allée en autobloquants rouges qui traverse sur toute sa longueur un square étiré aménagé voici plus d’un quart de siècle par la municipalité de Carthage, pour servir à la fois de refuge pour des piétons ici privés de trottoirs et de mini-parc de loisirs pour les enfants en bas âge qui venaient accompagnés de leurs parents gambader et tourner autour du bassin tout rond toujours à sec qui interrompait l’allée en son milieu.

Sa forme, cet espace la doit au fait qu’il longe l’enceinte extérieure d’un immense ancien palais princier confisqué par l’Etat qui l’a réutilisé à des fins d’intérêt public, abritant depuis les années soixante-dix un « Centre tuniso-canadien » de formation professionnelle puis converti en centre de formation de la Sûreté nationale.

Un « chouette square », donc, mais qui, pendant plus d’un an, a servi d’annexe à l’établissement contigu. Son accès a été interdit à la circulation piétonne pour être réservé au premier accueil des candidats aux divers concours pour recrutement au sein de la force publique. Du coup, les piétons, en particulier les cortèges d’écoliers et de collégiens qui se rendent à l’école située en bout du square et, plus loin, au collège de Dermech, ainsi que les visiteurs du dispensaire local se sont retrouvés contraints de cheminer en bordure de la chaussée devenue très fréquentée par le nombreux personnel du Centre et très encombrée par ses véhicules en stationnement.

Anomalie plus qu’évidente mais qui a échappé à tout le monde et il a fallu attendre la fin des campagnes de recrutement pour que soit libéré un tronçon de cet espace. Et c’est sur ce tronçon que, l’autre jour, j’ai croisé cette dame et ses jeunes compagnons.

Il faut dire que, échappant durant tout le temps de la soustraction des lieux à l’autorité de la municipalité, celle-ci n’a assuré aucun entretien en cet endroit. Avec le civisme qui caractérise nos concitoyens en matière de propreté de l’environnement, des montagnes de déchets se sont amoncelés dans ce périmètre : sachets en plastique de tous formats et de toutes couleurs, pots de yaourt, emballages en carton, etc. Dès avant l’évacuation d’une partie de l’endroit, la municipalité y a bien envoyé une équipe de « jardiniers » de fortune. C’était pour élaguer palmiers et ficus…pour dégager la vue aux alentours de l’établissement ! Les branches les plus encombrantes ont bien été enlevées mais tout le reste est demeuré sur place. Ce qui justifie la désolation de la dame.

Ainsi va la gestion des affaires publiques.

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