L’humanité a encore le droit de rêver

Editorial La Presse

 

LA COP aux Emirats arabes unis ? Un pays tournant au pétrole et au gaz qui organise la plus grande conférence sur le climat et tente de trouver des solutions aux effets de l’oxyde de carbone sur l’environnement.
Jusqu’à un passé proche, la question paraissait incongrue, sinon elle prêtait à rire ou à se fâcher. Et celui qui tient les manettes de la COP28 est le Président de l’évènement, le Sultan Al Jaber. Donc, un Etat qui, comble de l’aberration (pour les détracteurs opposants), préside l’une des plus grandes entreprises pétrolières du monde, alors que personne n’ignore la responsabilité de ces entreprises dans le changement climatique.
Pour ces raisons et bien d’autres, les défenseurs du climat, les associations et ONG militantes, les organismes internationaux, les scientifiques… dénonçaient le choix de l’endroit de la COP28. Ils ont espoir que ces grosses entreprises redoublent d’effort pour sortir des énergies fossiles. Et de réorienter les investissements des secteurs pétroliers vers les énergies renouvelables. Avouons donc qu’il y a matière à douter des intentions des organisateurs responsables et surtout de prêter attention à la teneur des décisions à prendre.
Ce qui tourmente particulièrement la communauté internationale, c’est, hélas, une donnée cruciale et peu rassurante : le dernier rapport, Global Carbon Project (qui réunit cent vingt et un scientifiques et quatre-vingt-quinze organisations), nous apprend que les émissions mondiales de CO2 ont progressé de 1,1 en comparaison de 2022. Ce qui est, en volume global des émissions, pour le moins inquiétant.
Surprise ! A peine la conférence entamée que le pays hôte a envoyé des signes d’espoir au monde et principalement aux pays qui émettent le moins de CO2. Les pays riches ont enfin décidé de mettre la main à la poche. Un accord unanime a été obtenu pour faire démarrer un fonds destiné à compenser les dégâts causés par le réchauffement dans les pays du Sud. On attend la concrétisation de cet acte inattendu et bienvenu, dans le document final prévu le 12 décembre. A la bonne heure !
Suite à cela, l’on serait tenté de se poser une autre question : cet accord est-il le résultat de « la Déclaration de Nairobi » signée en septembre dernier par 54 dirigeants africains dans le but d’établir des consensus en faveur d’un intérêt général qui prend en compte une nécessaire équité et de tracer une position commune en vue des négociations de la COP28 ? Sur ce registre aussi, on attend le document final pour en juger.
Bref, et dans l’expectative du rapport final, il ressort que la lutte contre le changement climatique révèle une nouvelle vision du monde, où aucune influence politique ni puissance fi nancière n’est en mesure d’imposer un ordre et des directives strictes et tyranniques. Indubitablement, l’humanité, à la lumière de ce qu’on perçoit et subit ( les catastrophes quasi quotidiennes), va à sa perte, mais elle a des occasions de rêver.

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