Privé de mercato, le club tunisois devra compter sur le groupe actuel avant le mercato hivernal. Dridi devra inventer quelque chose.

La préparation des Clubistes se poursuit à Aïn Draham sous la direction de Lassaâd Dridi. Ce dernier se dit heureux et fier d’avoir la possibilité d’entraîner un club du poids historique et sportif du CA. Un entraîneur motivé, oui, connaisseur du championnat national et qui appartient à une nouvelle génération d’entraîneurs qui tente de s’installer. La motivation de Lassaâd Dridi sera-t-elle suffisante pour faire oublier les déboires et les problèmes sportifs et extrasportifs du CA ? C’est que les problèmes financiers du club ne sont plus un secret.
Une grande partie des liquidités est allée au paiement des amendes et des arriérés des joueurs tunisiens et étrangers acquis et libérés n’importe comment par Slim Riahi. Cette spirale monstrueuse n’est pas encore close et chaque jour un nouveau litige surgit. Malgré la bonne volonté et les sommes injectées, il y a toujours des dettes, sans oublier les besoins financiers quotidiens pour payer les salaires et des dus envers les joueurs actuels.
Pour l’exercice qui va commencer, le public doit garder les pieds sur terre. Pas la peine de trop rêver et de mettre une pression sur l’équipe actuelle. D’ici décembre, Dridi va devoir compter sur le même effectif qui a terminé la saison.
La sanction de la Fifa prendra fin en décembre. D’ici là, les cadres de la dernière saison, ainsi que les révélations (pas nombreuses il faut l’avouer) devront cravacher dur pour pouvoir bien démarrer et rester dans la course jusqu’au mercato hivernal. C’est cela la première mission de Dridi. Ce ne sera pas quelque chose de facile, étant donné que l’EST, l’ESS, le CSS et d’autres clubs ont la possibilité de se renforcer et auront, que l’on veuille ou non, une distance par rapport aux Clubistes. Le premier message que le public clubiste doit recevoir de la part des dirigeants et du staff clubistes est que le CA va essayer d’assainir une pénible situation et de mettre les bases d’une équipe bien organisée.
Les résultats dans ce cas ne sont pas une urgence. C’est-à-dire que les Clubistes seront plus préoccupés par s’organiser et remettre de l’ordre dans leurs affaires que de jouer pour la première place. Cela peut ne pas plaire à certains fans, mais c’est la réalité: le CA, avec l’effectif actuel et ses énormes problèmes, n’est pas en mesure de faire le poids avec l’ESS et l’EST.
Diouf, Agrebi, Jaziri, Ben Yahia, Khelil, Ayadi, Sahli, Khefifi, Chammakhi seront encore une fois les joueurs sur lesquels on va compter. Ils sont ce qu’ils sont avec leurs défauts, mais aussi avec leurs qualités (une bonne expérience et une capacité, pour un bon nombre d’eux, de gérer la pression et les moments de crise).

Dridi : gérer l’extra-sportif
Lassaâd Dridi est un entraîneur qui ne redoute pas les clubs aux coulisses chaudes. Il n’a pas peur de la pression, il sait dompter la catégorie du public la plus menaçante, c’est-à-dire ces gens insatisfaits qui ne ménagent personne et qui exercent une forte pression sur les joueurs et l’entraîneur. Dridi sait bien que le public du CA est un public tendu, frustré et si passionné. Entre l’image idéale d’un grand club de titre, et la réalité contraignante, Dridi doit inventer quelque chose pour protéger ses joueurs et maintenir la confiance. C’est un exercice d’équilibriste pour cet entraîneur averti. Sur le plan des vestiaires, Dridi va entraîner et manager des joueurs qui ont des problèmes de salaires et de primes impayés, qui ont terminé une longue et difficile saison. Il va devoir être autoritaire oui, mais aussi avoir la capacité de motiver et de donner de l’espoir aux joueurs. Ceci dit, l’effectif clubiste reste un peu hétérogène : il y a des noms, il y a des valeurs sûres, mais il y a aussi des joueurs limités, des jeunes pas encore mis en valeur, d’autres jeunes loin du requis, mais qui sont là… C’est à Dridi de concocter la bonne formule et surtout de faire preuve de diligence. Le passage de Dridi au CA est un tournant dans sa carrière. Il ne va pas être épargné : chaque jour, chaque entraînement, chaque match est une épreuve pour lui. Tout le monde l’attend. L’extra-sportif ne compte pas aux yeux du public qui a une seule exigence: voir les siens gagner. Mais ils devront patienter jusqu’à décembre, où les recrues seront opérationnelles. Tenir jusqu’au mercato hivernal, le temps d’améliorer l’assise financière et de renforcer l’équipe, tel est l’objectif à court terme.

Charger plus d'articles
Charger plus par Rafik EL HERGUEM
Charger plus dans Sport

Laisser un commentaire