Si  certains joueurs ont déjà fait taire les sarcasmes liés à leur recrutement antérieur, le technicien clubiste est, quant à lui, en passe de mettre au pas certaines stars capricieuses, et ce, en les réintégrant quand leur ego sera  revenu à des proportions normales.
Si actuellement, c’est l’Espérance Sportive de Tunis qui truste les trophées en tous genres, sur les terrains nationaux et internationaux, l’hégémonie absolue des « Sang et Or » n’est pas près de s’estomper, sachant que le club de Bab Souika place toujours le curseur au bon endroit à chaque inter-saison, là où son rival historique, le Club Africain, a souvent failli.
Ce même CA, justement, est encore empêtré dans les « affaires », un cercle vicieux qui a freiné ses ardeurs, la saison dernière.
Maintenant, un homme averti en vaut deux et le président du CA semble avoir retenu la leçon de certains errements passés et autres choix inconsistants et improductifs. Il n’est certes pas question de fermer les vannes, mais de « prioriser », solder, se projeter et agir avec doigté et diligence afin de ne plus se disperser, ni de s’exposer au retour de boomerang.
Et en vue d’éclairer notre lanterne sur la situation clubiste, nous avons sondé l’ex-gloire du CA, Khaled Touati, fin connaisseur des arcanes du club de Bab Jedid: « Nous voici à l’aube d’une nouvelle saison, mais cette fois sera-t-elle vraiment favorable à un retour gagnant du CA ?
Je pense qu’il y a des raisons d’espérer une meilleure implication d’ensemble de tous les acteurs, tenants et aboutissants du CA ».

« L’argent est un moyen et non une fin en soi »

«Les clubs de football aujourd’hui sont comme les joueurs, ils connaissent des périodes de gloire, en étant au top de leur niveau, et puis d’une saison à l’autre, ils coulent, rament, remontent à la surface ou bien sont noyés par une concurrence de plus en plus exigeante. En ce sens, si le joueur a besoin de motivation, d’ambition et d’entraînement pour y arriver, le club, lui, se nourrit principalement d’un tout autre carburant : l’argent !
Ce faisant, le cas du CA est assez atypique. En dépit des sommations de la Fifa, des impayés et même des huissiers qui s’annoncent, l’exécutif tente de maintenir le club à flot.
Seulement, l’argent est un moyen et non une fin en soi.
En plus d’en avoir, il faut surtout savoir bien l’utiliser, et malheureusement pour le CA, ce sont deux choses qui semblaient encore peu maîtrisées, les saisons passées.
Nous avons, en effet, eu affaire à des responsables qui voulaient renforcer le groupe sans pour autant être prêts à investir pour recruter du lourd. Or, en dépit du passif que le CA traine comme un boulet, grippant ses ambitions à termes, dès lors qu’il affiche de nouvelles ambitions, il doit de suite frapper un ou deux grands coups pour marquer les esprits et montrer le sérieux du projet en cours. Or, l’on note à cet effet que depuis quelque temps, c’est bien ça le problème du CA, des choix toujours plus paradoxaux au fil des saisons, entre des rêves d’un grand avenir et des recrues qui sentent la résiliation et la petite retraite ! Comment voulez-vous toucher les étoiles avec des joueurs qui sont en train d’atterrir ?

Là, je parle de la saison passée, bien entendu.

En clair, si l’on revient en arrière, je dirais que le tableau fut à  l’image de ce contingent de joueurs qui ont certes l’expérience, mais qui ont déjà émoussé tous leurs rêves de grandeur avec d’autres clubs, et qui semblent vouloir se payer une retraite tranquille au CA ! Plus de talent, plus de jeunesse, plus de fougue, plus de risque, plus d’argent et plus de passion, voilà bien des choses qui manquent et qui semblent loin de revenir au Club Africain ! Le CA, c’est de la démesure et c’est justement cela qui plaît à tous ses supporters.
Dans la victoire, l’ambiance est magique, mais cette énergie dérape parfois quand ça bloque sur le terrain.

Volet terrain d’ailleurs, je note cependant que, sous la férule de Lassaâd Dridi, certains joueurs semblent retrouver la confiance.

D’autres ont même fait taire les sarcasmes liés à leur recrutement antérieur.
Dridi est aussi en passe de mettre au pas certaines stars capricieuses, et ce, en les réintégrant quand leur ego sera revenu à des proportions normales. Sa philosophie, comme entrevue quand il veillait sur les destinées de l’USM, est claire. Tout repose sur l’exigence. Et cette  exigence a déjà conquis une partie des fans présents à Hammam-Bourguiba. Bref, il  assume ses responsabilités, alors que la mentalité d’aujourd’hui, c’est de se défausser sur les autres » !

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