Mes Humeurs: Musique et résistance

La semaine dernière, j’ai revu, avec moins d’attention et beaucoup de plaisir « L’armée des ombres » de Jean-Pierre Melville, un film bouleversant sur la résistance en France, sorti en 1969. Il a eu en son temps beaucoup de succès grâce notamment à la présence d’une pléthore d’acteurs français célèbres qu’on dirait que le grand réalisateur voulait faire de l’épate, ce qui n’est pas le cas (le film et son auteur font partie des classiques du cinéma). A un passage, j’entends un morceau de musique effrayante qui me semblait familier.

J’ai dépensé des efforts pour retrouver ce morceau dans ma mémoire (qui flanche avec le temps qui passe). Euréka ! C’est la musique du générique très connu parce que très souvent entendu dans le passé, du magazine de débat et de société « Les dossiers de l’écran »; une émission hebdomadaire des années 1970, créée par Armand Jammot; diffusée sur l’ancienne deuxième chaîne de L’Ortf, elle a eu un énorme succès jusqu’à sa disparition en 1991.   

Gagné par un léger doute, je vérifie par un clic sur l’autre mémoire, infaillible celle-là, désormais inévitable et fréquemment consultable, elle ne flanche pas mais paraît-il nous pousse à la paresse intellectuelle.

Soit ! Sans cri de joie, je trouve non seulement la musique mais tout sur son auteur.  Il s’agit d’une suite orchestrale, intitulée Spirituals, composée en 1941, par Morton Gould ; le 4e mouvement, appelé Protest, est défini par son auteur comme amer, sombre et déchirant.

En effet, Protest, comme son nom l’indique, évoque la lutte, la résistance, une partition selon Gould qui donne à entendre l’âme du peuple américain qui peut protester et se réjouir parfois comme le rappelle le passage du mouvement suivant Protest.

Mais voilà par les temps qui courent, même si ce n’est pas sur les rythmes des trémolos de cordes et des timbales de Protest, la protestation d’une partie du peuple américain, principalement sa jeunesse dans les campus et devant la Maison-Blanche se rapporte au cessez-le feu et à la paix au Proche-Orient. Me revoilà donc projeté dans l’actualité du peuple qui souffre, qui résiste à Gaza, en Cisjordanie…

Depuis que j’ai revu « L’armée des ombres » adapté du roman éponyme de Joseph Kessel et que j’ai réécouté Spirituals en entier, je rêve d’un poème qui accompagnerait cette musique de l’épouvante, de la souffrance et…de la mort. Un poème de qui ? Evidemment de Mahmoud Darwich qui, à lui seul par la musicalité de sa poésie, incarne la résistance palestinienne.

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