Le service militaire n’est pas une punition

Editorial La Presse

 

Nous demeurons convaincus que l’armée nationale, un des fleurons de la République, regorge de compétences dans leurs spécialités. Et notre « grande muette » ne parle que le langage de la discipline et de la solidarité avec les Tunisiens pendant les grandes catastrophes naturelles telles que les vagues de froid et les inondations où elle a sauvé la vie à plusieurs citoyens. Outre le fait quelle assure la sécurité de nos frontières, l’armée tunisienne jouit d’une très grande popularité auprès des Tunisiens qui lui accordent une totale confiance.

Ainsi, lors de la plénière consacrée mardi 13 février 2024 à la défense, les élus n’ont pas hésité à faire des propositions de toutes sortes dont certaines ont été qualifiées d’ « incongrues » face au ministre de la Défense nationale, Imed Memmiche, et à la délégation l’accompagnant. L’élue Manel Bedida a estimé que le service militaire devrait être relié aux études et que les bacheliers devraient directement s’engager pour une durée de six mois. La rentrée universitaire serait ainsi décalée, selon la députée, au mois de février. «Ceux qui font leur service militaire, pourquoi n’iraient-ils pas cueillir les olives pour épargner à l’État de dépenser des milliards (…) Pourquoi notre institution militaire ne détiendrait-elle pas des usines pour y faire travailler les soldats ? », a-t-elle déclaré. L’élu Nabil Hamdi de « La voix de la République » a, pour sa part, affirmé que les « rafles » manquent au peuple. « Avec tout notre respect aux droits de l’homme, quand il s’agit du devoir national, il n’y a plus de droits », a-t-il souligné. Moez Ben Youssef de « Amana wa Amal » a, de son côté, estimé qu’une école militaire devrait être créée dans chaque gouvernorat et que l’éducation militaire devrait être une matière enseignée. « Nous voulons un citoyen un peu entraîné au maniement des armes, pourquoi pas, dans ce monde en pleine mutation, nous ne savons pas ce qui peut arriver » a-t-il ajouté. Abdelhafedh Louhichi de « La voix de la République », a déclaré s’adressant au ministre de la Défense : « Les migrants africains sont devenus une menace pour la sécurité à Jbeniana et malgré les efforts du ministère de l’Intérieur, il est nécessaire de traiter le problème à un niveau plus large ».

Dans cette plénière, plusieurs autres déclarations ont été faites mais nous n’en avons cité que celles qui ont retenu l’attention de certains médias et observateurs. En effet, et à notre sens, s’il y a un constat qui doit être fait aujourd’hui, c’est la démission totale de nos jeunes vis-à-vis du service militaire et il conviendrait donc de rappeler l’importance de ce devoir dans leur construction mentale et l’enracinement du sentiment d’appartenance à la Patrie. Il est aussi question de mener une campagne de communication rappelant qu’il s’agit d’une fierté doublée d’une profonde expérience humaine que d’accomplir son service militaire et non pas subir une punition.

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