92 millions d’euros de nouveaux financements en 2023 : La BEI renforce son engagement pour le développement économique de la Tunisie

 

Pour l’année 2023, la BEI a confirmé l’octroi de nouveaux financements d’une valeur de 92 millions d’euros, accompagnés d’une augmentation de près de 50% des décaissements destinés à des projets visant une croissance économique durable, résiliente et inclusive, bénéficiant ainsi à l’ensemble des Tunisiens.

Dans le cadre de son engagement continu en faveur du développement économique de la Tunisie, la Banque européenne d’investissement (BEI) a tenu, hier à son siège, une rencontre avec la presse pour mettre la lumière sur ses initiatives et ses investissements dans le pays. Au cours de cette rencontre, la BEI, par le biais de sa division dédiée au développement, « BEI Monde », a annoncé une série de nouveaux financements ainsi qu’une augmentation significative des décaissements destinés à soutenir des projets clés favorisant une croissance économique durable et inclusive.

87 milliards d’euros en 2023

Sur le plan international, la BEI a accordé pas moins de 87 milliards d’euros de prêts et d’investissements en 2023, reflétant une activité historiquement élevée pour la banque.

« Pour 2023, le montant total des activités de la BEI, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union européenne, s’approche des 90 milliards d’euros, avec environ 10% de ces fonds alloués à des projets en dehors de l’UE, représentant 8,6 milliards d’euros », a indiqué Jean-Luc Revéreault, chef de la représentation de la BEI en Tunisie.

En ce qui concerne la répartition des 8,6 milliards d’euros en dehors de l’UE par région, l’Afrique subsaharienne a été la région la plus servie en 2023, suivie des pays voisins du Sud et la Turquie. Malgré une légère baisse par rapport aux années précédentes, ces régions ont bénéficié d’importants financements de la part de la BEI.

Pour la Tunisie, au cours des dix dernières années, la BEI a signé des accords totalisant plus de 2,1 milliards d’euros. Selon Jean-Luc Revéreault, bien que le rythme des accords se soit stabilisé, la Tunisie demeure l’un des principaux bénéficiaires des financements de la BEI. Malgré des fluctuations liées à la conjoncture économique, la tendance des accords montre une progression depuis 2019, avec des projets notables.

« Pour l’année dernière, la BEI a confirmé l’octroi de nouveaux financements d’une valeur de 92 millions d’euros, accompagnés d’une augmentation de près de 50% des décaissements destinés à des projets visant une croissance économique durable, résiliente et inclusive, bénéficiant ainsi à l’ensemble des Tunisiens », a-t-il encore précisé.

En outre, la Banque de l’Union européenne déploie des expertises techniques et des accompagnements sectoriels dans des domaines tels que l’eau et l’assainissement, le transport et les réseaux électriques, grâce aux fonds d’appui de l’Union européenne.

« Durant l’année passée, la BEI a signé trois contrats pour un total de 92 millions d’euros, ciblant la construction d’écoles, l’interconnexion électrique avec l’Europe et le soutien aux micro-entrepreneurs, en coopération avec la Commission européenne. Bien que la pandémie de Covid-19 ait eu un impact sur l’activité économique, la tendance des accords montre une progression positive, avec des perspectives optimistes pour l’année 2024. En conclusion, la BEI continue de jouer un rôle crucial dans le développement économique de la Tunisie, tout en envisageant un avenir prometteur pour les projets à venir », a assuré Jean-Luc Revéreault.

Énergie, éducation et inclusion financière

En effet, la BEI a marqué l’année 2023 en Tunisie par des projets ambitieux visant à catalyser le développement dans divers secteurs clés. Trois contrats d’une valeur totale de 92 millions d’euros ont été signés, couvrant l’éducation, l’énergie et l’inclusion financière.

Dans le domaine de l’énergie, la BEI a engagé un financement de 45 millions d’euros pour le projet « Elmed ». Ce projet novateur vise à établir une interconnexion électrique sous-marine de 600 MW entre la Tunisie et l’Italie, renforçant ainsi les échanges d’électricité et favorisant la transition énergétique dans la région euro-méditerranéenne. Avec une subvention d’investissement de 307 millions d’euros de l’UE, ce projet souligne l’engagement en faveur de la coopération énergétique.

Dans le secteur de l’éducation, un accord de financement de 40 millions d’euros a été conclu pour la construction de 80 écoles primaires modernes, avec pour objectif de lutter contre l’abandon scolaire et de promouvoir une éducation de qualité. En partenariat avec le ministère de l’Éducation, ce projet vise à améliorer les conditions d’apprentissage pour 14.500 élèves, en intégrant des principes de construction durable et l’utilisation de panneaux photovoltaïques.

La BEI a également réaffirmé son engagement envers l’inclusion financière en accordant un prêt de 12 millions d’euros à « Enda Tamweel » pour soutenir les micro-entrepreneurs, en mettant l’accent sur l’autonomisation des femmes et des jeunes. Ce financement témoigne de l’importance accordée à l’inclusion financière comme levier du progrès économique et social.

Par ailleurs, l’année 2023 a été marquée par une augmentation significative des investissements dans des projets essentiels pour le développement, avec un total de 172 millions d’euros alloués, soit une augmentation de 47% par rapport à l’année précédente. Cette tendance reflète l’engagement renouvelé en faveur du développement économique et social de la Tunisie.

Sur un autre plan, la banque a déployé des assistances techniques dans les secteurs de l’eau, du transport et de l’énergie, renforçant ainsi les infrastructures et favorisant l’adoption de technologies durables. Ces initiatives illustrent l’engagement continu de la BEI et de l’UE envers le développement durable et la prospérité de la Tunisie.

Progression des décaissements…

En outre, Jean-Luc Revéreault a assuré que la progression des décaissements de la BEI en Tunisie en 2023 a été significative, marquant une évolution notable par rapport à l’année précédente. Grâce à la mise en place d’une équipe dédiée au suivi des projets, les décaissements ont augmenté de manière substantielle, passant de 117 millions d’euros en 2022 à plus de 172 millions d’euros en 2023.

« L’objectif était d’accompagner la Tunisie nouvelle dans son développement, non seulement pour la BEI, mais également pour tous les bailleurs de fonds qui avaient signé de nombreux contrats de financement. Cependant, un stock important de prêts signés demeurait non décaissé, dépassant les 5 milliards d’euros pour l’ensemble des bailleurs, selon les constatations de 2021… Des discussions avaient été entamées pour mettre en place une commission de suivi des décaissements dès 2020. Malgré les efforts déployés, le stock de prêts non décaissés reste encore important, bien que le rythme des décaissements ait augmenté », a-t-il ajouté.

Pour la BEI, le montant des prêts non décaissés est actuellement d’environ un milliard d’euros et de nouveaux projets continuent à s’ajouter au stock. L’accent est mis sur la nécessité de décaisser les prêts plus anciens — certains remontant aux années 2000— et de réallouer les fonds à des projets plus avancés, tels que les programmes de construction de stations d’épuration avec l’Onas…

« L’année 2023 a été caractérisée par une augmentation de 47% du volume des décaissements, totalisant 172 millions d’euros, comparativement à 117 millions d’euros en 2022. Cette tendance à la hausse reflète une mobilisation accrue dans le cadre de l’assistance technique de l’initiative résilience économique, facilitant ainsi une utilisation rapide et efficace des fonds », a-t-il encore précisé.

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