Changements climatiques, beaucoup reste à faire

Editorial La Presse

 

En dépit de ce qui se dit depuis un certain temps, la Tunisie continue à bénéficier du soutien des diverses instances internationales, prouvant que notre pays, tout en s’attachant à ses principes d’indépendance et de souveraineté, ne s’est jamais renfermé sur lui-même, contrairement à ce que prétendent certains esprits malveillants.
Pour preuve, on cite la tenue, il y a trois jours, d’une séance de travail présidée par le Chef du gouvernement, regroupant plusieurs ministres tunisiens et une forte délégation du Groupe de la Banque mondiale (BM) conduite par le président de la BM pour la région Mena accompagné du directeur régional de la Société financière internationale (SFI), pour l’Afrique du Nord.
Parmi les thèmes discutés à cette occasion, figuraient, en bonne place, les programmes destinés à l’adaptation aux changements climatiques et les mesures à entreprendre pour pallier les impacts négatifs d’un phénomène de la nature auquel il faudra faire face de manière énergique et efficace, car, selon les études, la Tunisie demeure un des pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques, à la raréfaction des ressources en eau et à l’érosion des côtes.
La même étude précise encore qu’outre la prise de conscience et du changement des comportements, il est nécessaire, voire urgent, d’allouer les investissements adéquats de nature à limiter les conséquences du réchauffement climatique.
Une autre étude menée par la Banque européenne d’investissement (BEI), premier bailleur de fonds multilatéral au monde pour soutenir les projets contre le réchauffement climatique et réduire ses effets, fait ressortir quelques conclusions. On mentionne, entre autres, que 84% de la population tunisienne estime que les changements climatiques ont déjà des répercussions négatives sur leur quotidien, et que 52% sont persuadés que les changements climatiques et les dommages environnementaux ont affecté leurs revenus ou leurs moyens de subsistance.
D’où le taux élevé de 83% de Tunisiens qui estiment qu’il faut accorder la priorité aux énergies nouvelles et renouvelables, et l’engagement de notre pays à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs de façon à diminuer, sensiblement et graduellement, son intensité en carbone pour atteindre le taux de 41% à l’orée de 2030 en comparaison de l’année de référence 2010, sachant que les différents secteurs sont concernés, allant de l’énergie à l’industrie jusqu’à l’agriculture, les forêts et le traitement des déchets.
Il n’en demeure pas moins que la Tunisie reste très vulnérable aux effets du réchauffement climatique, avec ses corollaires de hausse des températures, de baisse des précipitations et d’augmentation du niveau de la mer.
Ainsi, et malgré ce qui a été réalisé, beaucoup reste à faire exigeant des efforts considérables afin de parvenir à une situation qui réponde aux normes, permettant la protection contre les inondations, la consolidation des ouvrages de lutte contre l’ensablement dans le Sud tunisien et la mise en œuvre de plans d’action de lutte contre la désertification.

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