Ouverture, aujourd’hui, du Salon de l’éco-construction : Quand le bâtiment fait sa révolution

 

Cette manifestation se veut, depuis 2008, l’évènement majeur de la construction écologique, une nouvelle tendance architecturale vers laquelle se tournent, lentement, le secteur du bâtiment et ses dérivés.

C’est aujourd’hui que s’ouvre, à l’espace de l’Utica à la Cité El Khadra à Tunis, le Salon de l’éco-construction et de l’innovation, dans son 16e édition, sous le signe «transition écologique : Opportunités pour le BTP, opportunités pour la Tunisie». Il s’étend jusqu’à demain, sous le patronage du ministère de l’Equipement et de l’Habitat et celui de l’Environnement, revêtant ainsi une double vocation qui puise dans l’innovation. Soit, l’idée de bâtir autrement et repenser le choix de son logement, en tenant compte des aléas du climat.   

Ça avance lentement !

Cette manifestation se veut, depuis 2008, l’événement majeur de la construction écologique, une nouvelle tendance architecturale vers laquelle se tournent, lentement, le secteur du bâtiment et ses dérivés. Bien que cette transition soit dictée par les risques climatiques, l’écosystème environnemental et les enjeux du développement durable, elle vient répondre à des exigences communautaires et planétaires, préconisant l’adoption d’un secteur du bâtiment beaucoup plus résilient. «Quand le bâtiment va, tout va ! », a-t-on l’habitude de dire, pour s’en servir comme un véritable indicateur d’évolution et de prospérité. Sur le plan social, c’est bien un signe de richesse et de bien-être.

D’autant plus que l’éco-construction commence à avoir une part de marché et fait, désormais, l’objet d’une demande internationale accrue. Cela signifie, également, que son poids sur ses dérivés n’est plus à démontrer. Ceci étant, on ne l’a jamais évoqué, sans tenir compte d’activités y étroitement liées, sous une même nomenclature BTP (Bâtiment et travaux publics). Certes, architectes, ingénieurs, constructeurs, promoteurs immobiliers, artisans, industriels vont en tirer profit. D’autres métiers qui évoluent dans leur sillage pourraient, eux aussi, avoir pignon sur rue.  Ce qui fait que menuiserie, peinture, plomberie, génie civil, électricité, transport et bien d’autres activités gravitent sur la même orbite.

Hausser la tendance

Le rendez-vous semble, ce alors, incontournable, d’autant que l’Etat, lui-même, et ses différents départements et institutions y afférents (Citet, Office de l’artisanat, Innorpi..), s’y impliquent davantage et font de leur mieux pour hausser la tendance. De son côté, le secteur privé, s’il est motivé, y mettra du sien. Ceci étant, «la transition écologique offre des opportunités significatives pour le secteur du BTP en Tunisie. L’accent accru sur la durabilité crée une demande croissante pour des projets de construction respectueux de l’environnement, tels que les bâtiments à faible consommation d’énergie et les infrastructures vertes», argue l’organisateur du salon, Faouzi Ayedi, dans un communiqué qui vient, à peine, être publié.

Toutefois, l’on doit prendre en considération la qualité de formation dans ce domaine innovant. Aussi, faut-il tout revoir pour faire croire en l’utilité et l’efficacité d’un bâtiment atypique, économe en matières et moins énergivore. Et là, M. Ayedi enfonce le clou : «Le développement de compétences dans les technologies éco-responsables, la construction durable et les énergies renouvelables pourrait stimuler l’innovation et renforcer la compétitivité du secteur. De plus, la transition écologique peut créer des emplois locaux et favoriser l’émergence de nouvelles entreprises spécialisées dans les solutions respectueuses de l’environnement ». Autant dire, tout serait bon pour l’avenir du secteur.

L’Etat doit suivre

Ce secteur, alliant authenticité et modernité, est perçu comme le fer de lance qui fait fonctionner l’appareil économique. Selon les statistiques de l’INS et d’autres données recoupées, il réalise un chiffre d’affaires annuel moyen à hauteur de 5 milliards de dinars et contribue à environ 7% du PIB, soit une baisse de 19% par rapport à l’an 2000. Et pourtant, il se taille une part de marché pour être placé au 4e rang sectoriel. Il participe à raison de 25% des investissements globaux du pays.

En fait, s’investir dans le bâtiment est un capital fixe censé être un créneau porteur, reconnu comme une source de richesse et une épargne rémunératrice. D’autant qu’il représente un potentiel socioéconomique à forte employabilité, soit un vaste marché d’ouvriers et de mains-d’œuvre hautement qualifiés. Son apport écologique n’est pas en reste. C’est que «la Tunisie pourrait également bénéficier de partenariats internationaux pour accéder à des financements et des technologies liées à la transition écologique», souligne-t-il encore.

Ceci semble vrai, à moins que l’Etat ne suive pas d’effet sa politique en la matière et démontre le contraire. Alors qu’un tel marché requiert que tous les moyens nécessaires à l’évolution de ce secteur novateur soient mis à disposition. A cela devraient s’ajouter des textes, des lois  et des mécanismes de financement, à même d’augmenter l’employabilité de nos jeunes diplômés.

Deux jours durant, l’on s’attend, selon l’organisateur du salon, à une trentaine d’’exposants, 200 visiteurs, 30 congrès et 200 rencontres B to B, avec en toile de fond des solutions innovantes et concrètes d’éco-construction, d’éco-gestion du bâtiment et de l’habitat. Cela dit, le secteur BTP est appelé à épouser son temps et faire, lui aussi, sa propre révolution.

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