Banlieue Nord : Le transport ferroviaire en péril

 

La ligne TGM passe par une très mauvaise période. A la vétusté des infrastructures, s’ajoute l’insécurité, sinon comment expliquer l’accès de certains énergumènes à la cabine de commande pendant que le train bleu roule !

Le laxisme de certains fonctionnaires et même des responsables est un mal qui gangrène le transport public. Ces dernières années, et avec la montée du système corporatiste qui a impacté la valeur travail dans des secteurs névralgiques comme celui du transport, on assiste à des comportements qui scandalisent les usagers; pire, les mettent en péril. Certes, les passagers, notamment les jeunes, sont eux aussi à blâmer. Incivilité en tous genres, en importunant leurs voisins. C’est aux responsables d’imposer la loi et de poursuivre en justice toute personne susceptible de mettre en danger la vie des personnes dans les moyens de transport routiers et ferroviaires.

Insécurité totale dans le train bleu

On ne va pas s’attarder encore plus sur l’infraction récente commise par un chauffeur de bus de la société régionale de transport de Bizerte scotché à son téléphone portable, mais sur un autre cas, encore plus grave qui a été enregistré sur la ligne ferroviaire Tunis-Goulette-Marsa qui observe des travaux au niveau du pont ferroviaire de La Goulette Casino depuis novembre dernier. Un incident auquel les usagers se sont habitués, et qui passe malheureusement sous silence malgré sa gravité.

En effet, vendredi dernier 23 février et aux alentours de 10h30 du matin, le train bleu de cette ligne s’arrête à la station de La Goulette Neuve en provenance de Tunis.

Et c’est à ce moment que deux jeunes lycéens, ne manquant pas d’aplomb et profitant vraisemblablement de l’absence de tout contrôle au niveau de cette gare, ont pu s’introduire dans la cabine de conduite vide à l’arrière du train. Le conducteur n’a pu rien voir. Il n’est pas à blâmer, car n’étant pas doté du don d’ubiquité, être au four et au moulin, il ne peut donc pas assurer deux tâches à la fois.

C’est ce qui arrive le plus souvent quand la porte d’accès à cette cabine, que ce soit de l’extérieur ou de l’intérieur, est ouverte et la cabine non fermée à clé.

Ils auraient pu arrêter le train ou déclencher le système de freinage

A l’arrivée du train à la gare, les deux énergumènes ont pu quitter la cabine de conduite sans être inquiétés et pénétrer dans la première classe du train pour descendre tranquillement par la porte de sortie. «Ils auraient pu arrêter le train ou déclencher le système de freinage d’urgence», nous explique un ancien conducteur, ce qui aurait entraîné la panique chez les usagers. Plus alarmant encore, la société manque visiblement de contrôleurs, en dépit de l’augmentation des actes de délinquance et de vandalisme sur cette ligne.

Les contrôleurs qui quittent la société ou prennent leur retraite ne sont pas remplacés, nous confie-t-on. Ce qui nous ramène à évoquer la situation financière difficile par laquelle passe cette société, à l’instar de la majorité des entreprises publiques.

Les nouvelles rames tardent à venir

Avec le grand retard accusé par le renouvellement des rames, des travaux de réhabilitation des installations techniques, les rames vétustes de la ligne TGM relevant de la Société des transports de Tunis (Transtu), cette ligne est boudée par la majorité des usagers.

Or, elle est importante non seulement pour les usages locaux mais aussi pour les touristes qui préfèrent prendre le train bleu pour se rendre à La Goulette, à Carthage, à Sidi Bou Saïd et à La Marsa. Selon le président-directeur général de la Transtu, les travaux de renouvellement des équipements seront couronnés par la réception, fin 2026, de 18 véhicules neufs, faisant l’objet d’accords de prêt avec la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), moyennant 90 millions d’euros.

La question qu’on est en droit de se poser, le train bleu qui a presque rendu l’âme avec des fenêtres qui ne se ferment plus quand il pleut et des ventilateurs hors de fonction, pourrait-il encore tenir le coup jusqu’à 2026 ?

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