Ligue 1 | L’instabilité chronique du staff technique : Le premier fusible à faire sauter

 

Licencier l’entraîneur qui a eu à peine le temps de défaire ses valises est devenu une «distraction» branchée en Ligue 1.

A l’issue des derniers mouvements sur les bancs des équipes de Ligue 1, l’on note que les records sont toujours battus et que la stabilité du staff technique ne fait toujours pas partie du vocabulaire de nos clubs d’élite. Que de coachs passés par les guérites de nos formations de Ligue 1, jusque-là, cette saison. Le technicien sollicité passerait donc du «comestible» à «l’insipide» pour certains, et du consommable à l’interchangeable pour d’autres. Dur, dur d’être à la tête des affaires techniques des clubs de L1. Au moindre souci, à la moindre complication, on fait sauter le premier fusible tout désigné, histoire de repartir sur de nouvelles bases…

Ça valse donc toujours chez les techniciens de la Ligue 1, des timoniers qui se retrouvent sur un siège éjectable avant même d’avoir fait leurs preuves. Dernier en date chez les gros bras, le cas de Jean Michel Cavalli, débarqué par le CA pour des raisons obscures, bien que l’exécutif clubiste ait communiqué à ce propos. Que de coachs intronisés, tels des oiseaux rares puis débarqués sans ménagement, en un temps record. L’homme de la situation d’un jour devient une erreur de casting le lendemain. Il s’agirait en réalité d’un simple artifice, histoire de détourner l’attention des fans des véritables enjeux. C’est ce que l’on appelle la stratégie de la diversion, sorte de contre-feux pour débrancher ponctuellement le cerveau des inconditionnels, les «piloter» vers un tout autre sujet aussi brûlant soit-il, car l’important est de noyer le poisson.

Un maillon central ?

Ne nous égarons pas cependant et abordons à présent le jeu des chaises musicales au sein de nos écuries avec des coachs qui ne font pas long feu, ce qui en dit long sur l’instabilité chronique qui entoure notre sport-roi. Rares donc sont les techniciens qui font une saison entière en Ligue 1. La cadence est telle que l’on se demande vraiment si le staff technique est toujours un maillon central d’un club professionnel ? Et inutile, en l’état, de parler de pression, d’obligation de résultats, d’attentes et d’impatience du public pour tenter de mettre au clair, car en clair, il suffit de dire qu’il est plus facile de se séparer d’un entraîneur que de onze joueurs, voire plus !

Débutons par le play-off à présent avec l’EST qui a débarqué Mouine Chaâbani, puis Tarek Thabet avant de s’en remettre à l’école portugaise en intronisant Miguel Cardoso. Le CA, à son tour, a commencé par poursuivre avec Saïd Saïbi avant de s’en séparer. Et après l’intermède Ahmed Touihri-Mohamed Haj Ali, le CA a convaincu Jean Michel Cavalli de veiller sur les destinées de son équipe fanion, le temps de la période CAN, puis au revoir et bienvenue au revenant Mondher Kebaïer qui connaît bien la maison. Toujours volet cadors, l’ESS a «débauché» Imed Ben Younès de l’USM avant de le remplacer par Ahmed Ajlani. Imed Ben Younès n’est cependant pas resté longtemps sans emploi, passant de suite à l’OB.

Hamadi Daou et Nabil Kouki, les exceptions, jusque-là…

En Ligue 1, «l’exception à la règle» s’appelle Hamadi Daou, coach du Stade Tunisien. Daou a toute la confiance de ses employeurs et il le rend bien aux Bardolais avec un parcours jusque-là flatteur via un passage au play-off.

Autre club qui semble avoir retenu la leçon des méfaits de l’instabilité du staff technique s’appelle l’USM. Mohamed Kouki est bien en place, et il semble loin le temps où les Bleus collectionnaient les entraîneurs surtout avec le passage furtif de Darko Novic.

Enfin, pour finir avec les écuries qui jouent le titre.  Au CSS, Nabil Kouki tient bon et le bureau Sfaxien en est satisfait, en dépit d’une certaine inconstance de l’équipe.

Au play-out maintenant, la valse s’est accélérée, comme à l’accoutumée, pour les clubs qui jouent le maintien. L’ASM a eu une longue série d’entraîneurs désinvestis, soit Khaled Ben Yahia, Abdessatar Ben Moussa et Chaker Meftah qui vient de rendre le tablier. Gafsa, aussi, n’est pas en reste avec justement Chaker Meftah qui a débuté la saison, puis Jihed Zarrouk qui a pris le relais et enfin, Sofiene Hidoussi qui réalise de belles choses avec EGSG, mais qui a mis  les voiles direction la Libye, là où l’herbe est plus verte!

Aussi, Chiheb Ellili et Hakim Aoun se sont succédé avant l’arrivée de Ramzi Jarmoud sur le banc de l’USBG, alors que côté ESM, Mohamed Ali Maâlej et Taoufik Zaâboub ont été les prédécesseurs de Kaïs Yaakoubi. L’UST n’est pas mieux lotie avec Wajdi Bouazzi, Mohamed Ali Maâlej et maintenant Sami Gafsi. La «preuve par trois» aussi à Béja où l’Algérien Nabil Neghiz a commencé l’exercice, puis Mourad Okbi a pris le relais, avec le titre du Super tunisien à la clé, avant que Imed Ben Younès ne débarque.

Pour finir, notons que l’Avenir de Soliman n’a pas été très gourmand, se contentant d’entamer la saison avec Mohamed Ayari, puis de poursuivre avec Anis Boujelbène. Enfin, le Club Athlétique Bizertin a tout d’abord fait confiance à Ratko Dostanic avant de s’en remettre à Maher Kanzari, un coach qui connaît le CAB sur le bout des doigts pour y avoir déjà exercé à trois reprises, en 2011, en 2014 et en 2016. On dit souvent que les retours de flamme ont du bon pour espérer repartir du bon pied…

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