L’équipe nationale battue aux tirs au but par la Croatie : Raté d’un cheveu !

 

Face à une grande nation du football mondial, les Tunisiens ont fait bien plus que se défendre. Ils étaient à deux doigts d’un grand exploit.

Ça aurait pu être une belle soirée, un jour de gloire, un premier pas pour le retour sur le devant de la scène avec une qualification pour la finale du tournoi amical au Caire aux dépens de l’une des meilleures équipes du monde, la Croatie de Luka Modric. Une équipe à son apogée avec une belle génération de stars, finaliste de la Coupe du monde 2018, troisième de la phase finale du Qatar 2022 et médaille d’argent de La Ligue des nations 2023. Cet exploit a failli être réalisé dans les 90 minutes de jeu d’un match joué avec un réalisme qui a manqué de très peu pour être payant. Avec trois occasions sur contres bien amorcés avec de la vitesse et de l’intensité dans la transition qui auraient pu connaître un meilleur sort et faire mouche en dépit de la domination territoriale croate. Deux en première mi-temps, notamment cette belle combinaison de jeu avec une série de passes rapides bien ajustées, partant des pieds de Hamza Rafia qui a bien lancé Wajdi Kechrida en pleine course, lequel centre pour Elyès Achouri qui feinte pour laisser le ballon à Ali Abdi mieux placé. Le but semblait imparable mais le tir un peu trop croisé de l’intérieur du pied de l’arrière gauche tunisien est passé légèrement à côté du poteau de Livaković qui a eu très chaud sur cette action (25’). Il y a eu, dans la foulée, ce but de Hamza Jelassi sur coup franc bien tiré par Mohamed Ali Ben Romdhane mais malheureusement annulé par la chambre du VAR pour un hors jeu de quelques centimètres (30’). Un troisième contre œuvre du trio Achouri-Ben Romdhane-Abdi aurait mérité une meilleure récompense à une minute de la mi-temps, ce qui aurait donné un début et une tournure favorables aux Aigles de Carthage dans un match où ils ont réussi à bloquer toutes les issues aux Croates, sur les couloirs comme dans les intervalles au cœur de la défense tunisienne.

Ltaief rate le but qui aurait tout changé

C’est surtout le but tout fait, raté par Saifallah Ltaief, avec une tête au-dessus, alors que la cage était largement ouverte (76’) qui a fait sortir de ses gongs Montasser Louhichi sur le banc tellement le ratage était monstre. Les hommes de Zkatko Dalić ont eu, certes, le monopole du jeu, un taux important de possession du ballon, un nombre de passes échangées nettement supérieur mais leur domination a été rendue stérile par la parfaite organisation tactique tunisienne sur le plan défensif, le quadrillage minutieux du terrain et la limitation au maximum des espaces qui ont fait échouer leurs tentatives pourtant variées de percussion pour contourner le bloc hermétique formé devant le gardien Béchir Ben Saïd. Ce dernier a fait le reste du boulot défensif des Tunisiens en décourageant les coéquipiers de Gvardiol sur les rares occasions de but qu’il se sont créées, avec deux parades des plus spectaculaires sur coup de tête à bout portant de Kramarić (55’) et une excellente et puissante frappe en dehors de la surface de Marko Pasalic (+4). Comme plan de jeu, c’était bien ficelé par le duo Louhichi-Boussaîdi pour neutraliser le système en 4-2-3-1 des Croates, qui reposait sur la plaque tournante du milieu de terrain Brosović, Modrić, Pasalić et Kovacić. Avec une charnière à trois composée de Haddadi, Broon et Jelassi et deux milieux sentinelles devant (Ghandri et Laïdouni), la technique raffinée des Croates, avec un jeu court varié et de multiples triangulations, n’a pas pu trouver des fissures dans ce béton. Avec un bon Mohamed Ali Ben Romdhane au four et au moulin (ratisseur et joueur de projection vers l’avant) et un Elyès Achouri très actif sur les contres, qui aurait pu faire mieux si Hamza Rafia avait eu sa ténacité métallique dans son rôle d’attaquant avancé de soutien, avec un Saifallah Ltaief créateur d’espaces dans un mouchoir mais malheureusement pas un grand finisseur, l’équipe de Tunisie a été tout près d’un exploit de grande envergure qui aurait été le déclic idéal pour le début d’un retour au premier plan.

Vainqueur moral

Après la fin du temps réglementors sur un score de parité (0-0), dans la séance des tirs au but, le facteur chance n’a pas été au rendez-vous. Aymen Dahmen qui a pris la place de Béchir Ben Saïd a repoussé deux tirs, mais les tirs manqués de Hamza Jelassi dans la première série puis de Saifeddine Jaziri et Oussama Haddadi ont sauvé la Croatie d’un échec historique et lui ont offert une finale qu’elle a failli laisser échapper (5 tirs au but réussis contre 4 à la Tunisie). L’amer goût d’inachevé décelé dans la déclaration d’après-match de Montasser Louhichi témoigne de la grande déception d’avoir fait la bonne approche réaliste d’un match avec un poids lourd mondial (10e au classement Fifa) et d’avoir su rivaliser avec lui jusqu’au bout mais de finir par être vaincu par la dure épreuve des tirs au but. Mais par rapport à ce qu’on attendait et surtout à ce qu’on redoutait pour notre team national, encore traumatisé par la CAN ivoirienne, on peut dire que l’équipe de Tunisie, avec son esprit de groupe retrouvé et le mental fort dont ont fait preuve les joueurs, mérite le titre de vainqueur moral de cette demi-finale.

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