L’équipe de Tunisie se classe troisième au tournoi amical «la capitale d’Egypte» : Du pain sur la planche…

 

Après deux matches nuls et vierges, l’attaque demeure le maillon faible qu’il faudra bien traiter au futur.

L’équipe de Tunisie a terminé troisième au tournoi amical du Caire grâce à l’épreuve des tirs au but qui lui a, cette fois, souri (4 à 2). Elle a joué deux matches contre deux adversaires de calibre différent.Deux parties de préparation pour les dures empoignades officielles du mois de juin avec la Guinée équatoriale et la Namibie (journées 3 et 4 des éliminatoires de la Coupe du monde 2026). Contre la Croatie de Luka Modric, Montasser Louhichi et Anis Boussaïdi ont choisi la stratégie du béton avec une défense à cinq et un milieu avec trois récupérateurs pour contrecarrer le jeu offensif des Croates et leur céder le moins d’espaces possibles dans tous les coins du terrain. Ce plan de jeu a été payant et a neutralisé comme il se devait les hommes de Zlato Dalic qui n’ont obtenu leur qualification qu’aux tirs au but (5 à 4) avec de la chance, comme on gagne à la loterie. Dans ces mêmes colonnes, nous avons souligné que la gestion tactique de ce match, basée sur un bloc bas très compact et le jeu en contre rapide, était le système adéquat et le mieux approprié au statut de l’adversaire mieux classé et supérieur de très loin en palmarès sur l’échiquier international. Pour ceux qui ont adressé le reproche à la sélection d’avoir opté pour ce système à leurs yeux «trouillard», la réponse est venue cinglante de la finale du tournoi avec la défaite très large de l’Egypte qui a pris le risque de défier la Croatie par un jeu ouvert et qui a fini par prendre une belle raclée et encaisser quatre buts après avoir été la première à trouver le chemin du but (2-4, résultat final). Le premier match-test de la Tunisie face à la Croatie a donc été une réussite et donné des indices très rassurants sur la solidité de l’assise défensive collective qui peut décourager les équipes dotées de lignes d’attaques percutantes et riches en joueurs finisseurs. En revanche, le deuxième examen devant la modeste équipe de Nouvelle-Zélande, moins forte et moins inquiétante sur le papier, n’a pas donné la satisfaction escomptée.

Choix surprenants

C’est dans ces mêmes colonnes également que nous avons insisté pour que l’approche change pour ce deuxième match en opérant autrement avec un jeu tourné plus vers l’attaque. Surprise de taille : Montasser Louhichi garde pour toute la première mi-temps la composition de l’équipe devant la Croatie. Résultat : quarante-cinq premières minutes de gâchées devant une équipe adverse qui s’est bien battue, qui a trouvé plus de solutions dans notre surface et qui aurait mérité de prendre l’avantage sans deux parades réflexes du gardien Béchir Ben Saïd sur corner (16’) et sur penalty (33’). Avec son football de combat, sa générosité et son jeu offensif, cette Nouvelle-Zélande qu’on croyait prenable, a fait souffrir le team national qui a rencontré les pires difficultés à jouer dans les espaces réduits et a perdu beaucoup de duels en défense et au milieu de terrain, pourtant, hyper-renforcés. Ce n’est qu’après la pause que le sélectionneur va rectifier son onze et son schéma de jeu avec le retour au 4-2-3-1, en faisant entrer Saifallah Ltaief et Elyes Sâad en attaque pour jouer haut et repousser les Néo-Zélandais dans leur base arrière. Il n’ y a pas eu de but, mais on a eu droit à un meilleur visage par la domination et le monopole du jeu. Mais on ne désarme pas un adversaire et on ne le met pas à genoux par la simple possession du ballon. Un enseignement majeur à tirer avant les parties officielles où il va falloir oser et multiplier les assauts des camps adverses pour marquer. L’autre leçon de ce match qui s’est terminé sur un deuxième nul vierge, c’est qu’on ne peut pas améliorer le rendement et trouver l’efficacité offensive avec une attaque plate, sans joueurs de pointe de métier. Elyes Saâd n’a pas suffisamment eu de temps de jeu et d’opportunités de marquer pour juger s’il a le profil de numéro 9 de la sélection. Montasser Louhichi aurait pu réessayer dès le départ la solution Saifeddine Jaziri, mais il ne lui a apparemment pardonné d’avoir raté le tir au but qui aurait envoyé les Aigles de Carthage en finale. Avec zéro but marqué en deux matches, le problème d’inefficacité devant les buts n’est pas résolu. Le prochain sélectionneur de l’équipe de Tunisie doit s’attaquer en premier à cette fragilité offensive pour nous proposer un schéma plus équilibré. Le tournoi du Caire a confirmé que nous pouvons être bons verrouilleurs, mais il a aussi montré que beaucoup reste à faire pour être aussi tranchant devant.

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