Questions d’actu | Approvisionnement en céréales : L’appui de la Banque mondiale

 

La Tunisie fait face à des besoins record d’importations de céréales pour la saison 2023-2024, avec une estimation atteignant 4,7 millions de t, selon le dernier rapport du Système mondial d’information et d’alerte rapide sur l’alimentation et l’agriculture (Smiar) de la FAO. Cette quantité enregistre une  augmentation de 80% par rapport aux besoins moyens de l’année précédente, révélant ainsi un défi majeur pour le pays.

Le Smiar attribue cette augmentation remarquable des besoins d’importation à la sécheresse hivernale de 2023, qui a entraîné une récolte modeste de seulement 700.000 quintaux. De cette récolte, seuls 302.000 quintaux ont été collectés officiellement, le reste étant stocké par les céréaliers pour leurs propres besoins, tels que la consommation et les semences. Ces circonstances précaires de la récolte de 2023 auront des répercussions significatives sur les besoins alimentaires du pays en 2024.

Pour pallier ces besoins accrus, la Tunisie se tourne vers des partenaires internationaux, dont la France et la Russie. Selon les estimations de Philippe Houssal, directeur des relations internationales à l’association céréalière française Interserial France, la France prévoit de fournir environ 35% des besoins tunisiens en blé tendre destiné aux meuneries, ainsi que 50% des besoins en orge au cours de la campagne 2023-2024. De même pour la Russie qui compte aider la Tunisie en matière d’approvisionnement en céréales.

Pour la saison 2024, les projections indiquent que la Tunisie devra importer 1,1 million de t de blé tendre, 1,1 million de t de blé dur, 0,8 million de t d’orge et 0,85 million de t de grains de maïs pour répondre à ses besoins croissants en céréales.

La situation alimentaire en Tunisie reste ainsi un sujet à surveiller de près au cours des prochains mois. C’est dans ce contexte que  la Banque mondiale a décidé de soutenir la Tunisie pour rationaliser ses importations de blé et aider les petits producteurs en fournissant de l’orge pour la production de lait et des semences résistantes au climat pour les producteurs de blé.

En effet, l’institution financière vient d’accorder à la Tunisie deux nouveaux prêts, d’une valeur de 520 millions de dollars.  L’objectif étant de relever le défi de la sécurité alimentaire et de réduire l’impact des quatre années consécutives de sécheresse en Tunisie. Le financement fait partie d’une assistance globale coordonnée avec d’autres partenaires de développement pour renforcer la résilience du pays face aux futurs défis liés à l’alimentation.

Laisser un commentaire