En marge de la réunion Neji Jouini-Youssef El Almi : A quoi ça sert vraiment ?

 

Neji Jouini aura reconnu que le CA a été lésé et le président clubiste en a profité pour faire oublier ses erreurs. Sinon, une réunion qui n’a aucun sens dans un championnat qui se respecte.

Ça ne peut se produire que chez nous : une réunion entre le responsable des arbitres et un président de club pour soi-disant atténuer les tensions et mettre fin à ce bras de fer médiatique entre les deux parties. Youssef El Almi et Neji Jouini se sont rencontrés, et d’après ce qui a filtré c’était chaud et tendu avant que les choses ne s’apaisent. Mais au fait, cette réunion a servi à quoi ? Pour quel intérêt ? Le fait que le patron des arbitres, fustigé par le président du CA et par le public, accepte de le voir est un indice qu’il a quelque chose à se reprocher et ceci l’aurait amené à admettre que le CA a été lésé devant le CSS par exemple sur un penalty que même la chambre de la VAR n’a pas voulu voir. Et puis quoi ? Est-ce que ça va changer quelque chose pour un match qui aurait pu amener trois points et changer le parcours de l’équipe clubiste ? Le problème pour l’arbitre de la VAR dans ce match précis, c’est qu’il n’a pas voulu alerter l’arbitre sur une action litigieuse, et qu’il l’a fait par la suite sur le carton rouge de Srarfi. Lors du derby tunisois, une action de Sasse sur Khelil, qui méritait au moins d’être consultée, a été passée sous silence et c’est aussi mystérieux. C’est ce qui peut être suspect finalement. Neji Jouini, en acceptant de parler avec un président de club qui se dit lésé, devra le faire avec d’autres clubs eux aussi victimes d’erreurs arbitrales inacceptables à ce niveau. Et ce sera à chaque fois un face-à-face avec un dirigeant pour le calmer et pour tourner la page.

Des points marqués

C’est absurde cette réunion « folklorique » où les deux parties ont marqué des points. D’abord, Neji Jouini qui atténue la colère des supporteurs clubistes et oublie un peu la casquette du « coupable » vis-à-vis du CA ; et aussi Youssef El Almi qui fait oublier, pendant quelque temps, ses ratages monstres, ses sorties émotives et populistes et la dégradation de l’image et du poids du CA dans le football tunisien. Au lieu de ces initiatives politisées et protocolaires (tout est joué et rien ne peut se réparer), Neji Jouini, qu’on attendait dans le rôle de sauveur de l’arbitrage tunisien, aurait pu mieux préparer ses arbitres et la VAR pour éviter toutes ces polémiques. Et Youssef El Almi aurait pu mettre de l’ordre dans son club et éviter de se tromper et de noyer son club dans sa gestion tumultueuse et légère. Chacune des deux parties a raté son job, et pour sauver la face rien de mieux qu’une rencontre pour fuir ses vraies responsabilités. Et c’est une initiative qui va pousser les autres dirigeants de clubs à demander d’être traités sur un pied d’égalité.

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