Transition verte : La Tunisie met le focus sur la décarbonation

 

Le Directeur général de l’Anme, Fathi Hanchi, affirme qu’une plateforme de comptabilité carbone sera mise en place avant la fin de l’année. Elle va permettre aux entreprises de se doter de données quantifiables sur leurs contenus carbone, une étape nécessaire avant d’engager une démarche de décarbonation.

Pour les entreprises exportatrices, la décarbonation n’est plus, aujourd’hui, un choix mais plutôt une exigence économique à remplir dans un contexte où les Européens, premiers partenaires économiques de la Tunisie, sont de plus en plus regardants sur l’empreinte carbone de leurs importations. Or, pour décarboner, il faut passer par la case énergies renouvelables. “L’un des axes importants de la stratégie de décarbonation, c’est l’investissement dans les énergies renouvelables. Aujourd’hui, il faut accompagner les entreprises en leur offrant les différentes solutions technologiques, techniques, juridiques et financières possibles afin de stimuler l’investissement dans les projets d’autoproduction”, a expliqué, à cet égard, Fathi Hanchi, directeur général de l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (Anme), dans une déclaration aux médias, et ce, en marge d’un séminaire organisé récemment par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française. Il a ajouté, en ce sens, que l’Etat, par le biais de l’Anme, a balisé la voie pour encourager l’autoproduction des énergies renouvelables par les entreprises. En effet, cette institution, à travers son Fonds de transition énergétique, subventionne les investissements matériels et immatériels dans ce type de projets, notamment pour la réalisation des études. Ledit fonds a permis de cumuler, depuis sa création, une économie d’énergie de l’ordre de 12 millions Tep, d’une valeur totale de 11 milliards de dinars. Evoquant le cadre réglementaire qui régit la transition énergétique en Tunisie, le responsable a souligné que les réglementations en vigueur sont très évolutives. “Nous avons un cadre propice aux investissements dans le domaine des énergies renouvelables qui a été établi en 2009 et qui, depuis, est en constante évolution, notamment avec la publication des lois 2015 et 2019 et ensuite des textes sur les contrats type et le coût de transport. Nous disposons également d’un écosystème de services développé. Donc, en sommes, nous avons toutes les conditions réunies pour faciliter la réalisation et la concrétisation des investissements dans le cadre du régime de l’autoproduction”, a précisé Hanchi.

La taxe carbone, une contrainte ou une opportunité ?

Le responsable a, par ailleurs, déclaré qu’une plateforme de comptabilité carbone devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Cette plateforme qui, selon ses dires, doit être certifiée par des organismes internationaux, permettra de calculer le contenu carbone des différents produits et services en Tunisie et sera utilisée comme point de départ pour entamer une démarche de décarbonation des industries tunisiennes. L’objectif étant d’éviter les taxes carbone telles que celles prévues par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Europe. “Ce produit va être lancé avant la fin de cette année-là. Également, au mois de septembre prochain, nous organiserons un important forum méditerranéen sur la décarbonation auquel prendront part une trentaine de partenaires nationaux et internationaux. Il sera l’occasion de présenter l’écosystème industriel et des services dans ce domaine”, a précisé Hanchi. Il a ajouté que l’Anme est en train d’accompagner les entreprises pour les aider à faire face à ces nouvelles exigences. D’après le responsable, les entreprises tunisiennes ont aujourd’hui pris conscience de cet enjeu majeur qu’est la décarbonation. “Notre rôle consiste à accompagner l’entreprise pour l’assister à calculer son contenu carbone, et par la suite à le réduire grâce à des mesures d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables”, a-t-il indiqué. Pour Hanchi, ces contraintes environnementales peuvent être une opportunité commerciale pour les entreprises tunisiennes. La Tunisie, qui dispose déjà d’un réseau étendu d’experts avec plus de 600 installateurs agréés dans le domaine du photovoltaïque et plus de 1.000 opérateurs dans le domaine de l’efficacité énergétique, a toutes les chances de transformer ces défis en une opportunité économique, estime-t-il.

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