Depuis des décennies, passer les vacances d’été en Tunisie  constitue un véritable rituel à ne jamais manquer pour les expatriés et les résidents à l’étranger. Loin de la question épineuse relative à l’identité ou à l’appartenance — d’ailleurs superflue — , le retour saisonnier des Tunisiens.


Entre retrouvailles et partage d’histoires, séjourner en Tunisie, notamment durant la saison estivale, est plus qu’un moment de repos et de détente c’est désormais un voyage dans le temps. Après avoir foulé le sol natal, humé l’air humide chargé des senteurs d’antan, s’être réjoui des rencontres entre amis et proches et avoir savouré les plats traditionnels succulents exclusivement concoctés pour fêter son arrivée, le Tunisien de l’étranger ne se sent plus dépaysé, déboussolé. « Cela fait 50 ans que je passe l’été en Tunisie, en famille. C’est vrai que mes enfants ne sont pas nés ici mais ils ont, tout de même, gardé cette tradition », confie Slah, un septuagénaire franco-tunisien qui passe sa retraite entre la Tunisie et la France.

La diaspora tunisienne compte plus d’un million 400 mille  Tunisiens vivant dans les quatre coins du monde. Selon « Tounsi du monde », une initiative lancée dans le cadre du programme « Progrès Migration » mis en œuvre par la GIZ et cofinancé par l’Union européenne en vue de mobiliser et exhorter les Tunisiens du monde à contribuer à la relance du pays, la diaspora tunisienne en compte un peu plus, étant donné que les statistiques officielles recensent uniquement les Tunisiens inscrits dans les consulats à l’étranger. Cependant, le nombre des non immatriculés dans les consulats peut atteindre, selon les pays, 30% de la communauté qui y vit, ramenant ainsi, le nombre total estimé des Tunisiens résidents à l’étranger à environ 1,7 million, soit à peu près 13% du total de la population. Ce qui constitue un véritable atout pour la Tunisie, dans la mesure où cette diaspora offre de grandes opportunités d’investissements et constitue non seulement un vivier de compétences mais surtout un trait d’union, en l’occurrence culturel, avec les diverses régions dans le monde.

A la fois Tunisien et citoyen du monde
En ce qui concerne leur répartition géographique, la concentration la plus importante des résidents à l’étranger se trouve en Europe avec la primauté à la France qui se taille la part du lion avec 60% du total de la diaspora tunisienne. Bien que la contribution des Tunisiens à l’étranger à la croissance économique et plus généralement au développement du pays ne se limite pas au simple transfert de devises, le rapatriement de l’argent prend part à la croissance économique. Selon le rapport annuel 2017 de la Banque centrale (BCT), le total des recettes rapatriées a atteint plus de 4,5 millions de dinars accusant une croissance de 16% par rapport à 2016. Certes, la question de rapatriement de devises importe sur le plan économique mais la diaspora tunisienne représente surtout un atout culturel sans équivoque. Reliant les deux rives de la Méditerranée ou résidant dans les contrées les plus lointaines du monde, ces citoyens du monde, considérés souvent à la fois Tunisiens et étrangers, sont les meilleurs ambassadeurs d’un petit pays comme la Tunisie, d’autant plus que les histoires de succès tunisien pullulent à travers le monde entier et dans tous les domaines d’activité.

Allons, pour le moment, assez des propos économiques. Nos compatriotes sont venus pour assister aux festivals, profiter du soleil brûlant, scruter quelques beaux paysages de la Méditerranée qu’offrent les diverses régions du pays. Forcément le périple commence à Tunis avec un passage obligatoire par le village féerique de Sidi Bou Saïd, un séjour dans l’une des zones touristiques côtières ou sahariennes et enfin le retour au berceau de l’enfance dans les bras câlins d’une mère (et/ou grand-mère).

Charger plus d'articles
Charger plus par Marwa Saidi
Charger plus dans Magazine La Presse

Laisser un commentaire