Barrages : Le taux de remplissage ne dépasse pas 34%

 

En dépit des récentes précipitations enregistrées à la fin du mois d’avril et au cours de la première semaine de mai, la situation des barrages ne s’est toujours pas améliorée. La Sonede devrait également recourir cet été aux coupures d’eau. Cette mesure restrictive appliquée l’année dernière est partie pour s’installer dans la durée, vu le manque de pluie, les températures anormalement élevées en hiver et des épisodes de plus en plus fréquents de sécheresse.

Les réserves en eau de l’ensemble des barrages au 10 mai s’élèvent à 800 millions de m3, ce qui équivaut à un taux de remplissage de 34%, un chiffre loin d’être rassurant en ce début d’été qui s’annonce déjà très chaud.

Alors que les précipitations enregistrées sur la période allant du 1er septembre au 9 mai représentent 60% de la moyenne pluviométrique, le déficit des apports en eau pour l’ensemble des barrages est estimé à 63%, ces derniers n’ayant reçu que 37% des apports moyens généralement enregistrés sur la même période, note Dr Raoudha Gafrej, universitaire et experte dans le domaine des ressources en eau de l’adaptation aux changement climatiques (Les apports en eau sont estimés à 6% pour les barrages du Cap Bon et à 36% pour ceux du centre). Plusieurs facteurs expliqueraient le fait que les apports en eau dans ces ouvrages n’ont pas enregistré de nette amélioration pendant plusieurs mois.

Evaporation de l’eau dans les sols/végétation

Bénéfiques uniquement pour les sols desséchés et la végétation, les quantités de pluie fines et limitées dans la durée n’ont pas été suffisantes pour déclencher le ruissellement de l’eau ni pour recharger les nappes phréatiques dans les plaines, explique l’experte dans le domaine des ressources en eau. Par ailleurs, les températures enregistrées au cours des derniers mois (janvier, février, mars) plus élevées que les normales saisonnières sont responsables de l’évaporation de l’eau dans les barrages, ce qui réduit les stocks mais augmente l’évaporation des sols et l’évapotranspiration des végétaux, ajoute l’universitaire. «Le président-directeur-général de la Sonede a affirmé que les réserves en eau de surface dont nous disposons pourront couvrir les besoins en eau pour 180 jours. Donc, à partir de la fin du mois de septembre prochain, s’il ne pleut pas, nous viendrons probablement à manquer d’eau. La stratégie de rationnement mise en place pour faire face à la sécheresse ne prévoit pas de mesures d’accompagnement pour les agriculteurs qui doivent se débrouiller comme ils le peuvent. Certains achètent de l’eau auprès d’autres agriculteurs. Les GDA sont en difficulté. Prenons l’exemple des groupements de développement agricole qui s’alimentent à partir du complexe de Nebhana. Ce dernier est quasi vide et le personnel de ces GDA n’a pas reçu de salaire depuis plusieurs mois», déplore Dr Raoudha Gafrej.

Que faire en cas d’absence de pluies ?

Les mesures restrictives mises en place l’année dernière par le ministère de l’Agriculture et la Sonede seront également de mise cet été. Le ministère prévoit notamment de creuser de nouveaux forages dans les zones alimentées par les eaux souterraines, d’accélérer l’entrée en service des stations de dessalement dont les travaux touchent à leur fin (Stations de Zarrat et de Sfax), de mettre en place de nouvelles stations de traitement de l’eau des barrages et de procéder cet été aux coupures d’eau conformément au système de quotas. La question qui reste posée est comment fournir l’eau aux gouvernorats qui sont alimentés par les eaux de surface (14 gouvernorats) en cas d’absence de pluies ?

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