Encore une fois l’artiste-humoriste Lotfi Abdelli monte sur la scène de Carthage à guichets fermés. Avec sa silhouette fuselée du danseur qu’il était durant de longues années, son coté provocateur et son audace mitigée, il a fait rire sans retenue les milliers de festivaliers qui se déplacent massivement à chaque spectacle de Abdelli.
Just Abdelli 100% tabou, son nouveau spectacle de stand up, s’inscrit dans la même veine que ces précédents. Une voie choisie déjà depuis une dizaine d’années et qui l’a placé au top des humoristes tunisiens.
Lotfi sait parler au Tunisien, il sait le taquiner, le titiller, le provoquer, il lui tend un miroir face à lui et le laisse se regarder. Cette mise à nu que cet artiste saltimbanque opère à chaque fois, lui vaut l’amour de son public qui trouve en ses stands up un réel exutoire à ses maux.
100% tabou est un portrait acerbe de la société tunisienne, la famille, la rue, la sexualité, les relations…tout passe à coup de jeu de mots, d’insinuation, de sous-entendus et le public ne déride pas un instant.
Lotfi Abdelli donne du bonheur à ceux et celles qui le suivent, ils viennent le voir pour rire et l’artiste est vraiment doué. Entre lui et le public, un fil de confiance, un lien qui rend la communication facile et fluide. Et Lotfi Joue sur cet intervalle, il tend le fil, le lâche, le bouscule puis le soulage, cherchant toujours ce quasi impossible équilibre qui fait que le lien ne se rompe pas. Et le public adore ce jeu…un je t’aime, moi non plus guide cette relation que seul Lotfi Abdelli connait le secret.
Toujours à l’affut, il est attentif à son public, lui lance la balle et la reçoit avec légèreté. Son humour border-line, se nourrit du quartier, des discussions de cafés, de son entourage, de la société dans laquelle il beigne et de notre dialecte si riche de sens et de tournure.
Pour 100% tabou, Lotfi Abdelli a fait appel à deux jeunes pour partager avec lui le périlleux exercice de l’écriture Saber César et Mohamed Ali Tounsi, encore une marque de générosité de la part de l’artiste.
Le coté subversif de Lotfi Abdelli, lui a valu l’amour du public, un amour qui a remplis les gradins du théâtre romain de Carthage une dizaine de fois et d’autres scènes en Europe. Sa marque de fabrique est sa fusion avec son art, son public et une intelligence exceptionnelle qui lui permet de voir dans quelle direction il va sans se placer des limites, sans tabous, dans la subversion mais avec une énorme dose d’amour qui lui fait passer n’importe quel dérapage.
Devant un théâtre archi plein vendredi soir au festival international de Carthage, Lotfi Abdelli a donné du bonheur à chaque personne de son public et c’est dans la générosité et le partage que le public le lui a rendu.
 » Mon secret, est le travail de toute une équipe derrière moi, un exercice de mon métier d’acteur et avant cela de danseur depuis plus de 25 ans, l’écoute de mes ainés…  » dit-il lors du point de presse qui l’a réuni avec les médias dans les coulisses. Et il ajoute :  » j’installe l’Humain avant d’installer le rire comme disait Chaplin et c’est ma devise, le rire est un métier qui s’apprend en plus du don, c’est une histoire de performance qui se pratique au quotidien « .
Lotfi Abdelli n’a pas omis de rendre hommage au producteur et directeur des JCC Nejib Ayed parti trop tôt le jour même, il a témoigné de sa reconnaissance et de son amitié à un homme qui tant donné au cinéma et à la télévision.
 

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