Il fait partie d’une race de footballeurs qu’on ne fait plus. Une génération de joueurs d’exception qui ont remporté beaucoup de titres avec leurs clubs, mais qui n’ont jamais réussi à se qualifier à la phase finale de la Coupe du Monde. La CAN non plus n’était pas à la portée.

Formé à l’Avenir Sportif de la Marsa, Mohamed Ali Mahjoubi fait partie de la génération d’or des footballeurs tunisiens des années 1980-1990 qui ont eu la chance de faire leur apprentissage sous la férule d’Antoni Piechniczek à qui il doit beaucoup : « C’est un entraîneur d’exception. Il a apporté beaucoup au football tunisien. Piechniczek a amené avec lui de nouvelles idées, une façon différente de pratiquer le football. Grâce à lui, de nouvelles méthodes de travail ont été instaurées. Une petite révolution qui a secoué le monde du football en Tunisie. Je lui dois beaucoup, car il m’a beaucoup appris et m’a donné ma chance aussi», reconnaît Mohamed Ali Mahjoubi qui a fait, grâce à Piechniczek( l’un des ses mentors), une longue carrière internationale que le défenseur central de l’ASM et de l’EST a débuté dans les catégories jeunes et en particulier avec les Olympiques : « Le premier à m’avoir convoqué en sélection nationale était Jean Vincent. La participation aux Jeux olympiques de Séoul sous la férule de Taoufik Ben Othman est sans doute le plus beau souvenir de cette époque. Je suis passé par la suite en sélection première où les choses ne se sont pas aussi bien passées qu’avec les Olympiques. En effet, je fais partie d’une génération de footballeurs au talent reconnu, mais malchanceux dans la mesure où nous n’avons pas réussi à exceller en CAN, ni à nous qualifier une phase finale de la Coupe du Monde. », s’en souvient avec amertume l’ancien international tunisien, en particulier de l’échec de 1991 quand il avait marqué quatre buts dans les buts de Choubir, mais sans pouvoir se qualifier à la CAN : « En 1991, je passais par une mauvaise passe à l’ASM. J’étais en conflit avec le président de l’époque, Paix à son âme. Je ne m’entraînais même pas avec mon équipe, mais Mrad Mahjoub, alors sélectionneur, m’a retenu pour la double confrontation contre l’Egypte, qualificative à la CAN. Je me suis entraîné seul et à El Menzah, j’ai marqué deux buts à Choubir. Après ce match aller, je suis allé rejoindre l’équipe allemande d’Eintracht Brunswich où j’ai fait une bonne préparation physique. Au match retour au Caire, non seulement j’affichais une bonne condition physique, mais j’ai marqué également deux autres buts dans la cage de Choubir. Malheureusement, ça n’a pas suffi pour nous qualifier à la CAN. Et d’ajouter à propos de l’Avenir Sportif de la Marsa son club formateur : « L’ASM est mon club de cœur. C’est là que j’ai tout appris. Je dois beaucoup à Ali Selmi et Taoufik Ben Othman. Avec l’ASM, j’ai remporté deux Coupes de Tunisie en 1984 et 1990 mais j’ai malheureusement perdu une finale contre le CAB. ».

« La blessure de Maâloul a tout chamboulé »
Notre interlocuteur est revenu sur le fiasco de la CAN 1994 : « La blessure de Nabil Maâloul a tout chamboulé. Pourtant, la préparation s’est bien passée. Maâloul était un vrai capitaine d’équipe et savait protéger le groupe, chose que Youssef Zouaoui n’a pas su faire par la suite. Il y avait des intrus et nous avons vu défiler aux vestiaires des personnes étrangères à la sélection nationale qui étaient pourtant présentes même dans les stages. Nous avons perdu contre le Mali et Youssef Zouaoui a été limogé. Zouaoui a payé le prix de sa grosse erreur de ne pas être assez ferme pour préserver le groupe contre les intrus. Puis, Faouzi Benzarti a pris la relève, mais malheureusement nous avons perdu contre le Zaïre à cause d’une erreur défensive ».

Un passage en or à l’EST
De retour d’Allemagne, Mohamed Ali Mahjoubi s’est engagé pour trois ans au profit de l’EST où il a terminé sa carrière de joueur. Il ne pouvait espérer une meilleure fin de carrière : « A l’Espérance, j’ai tout raflé ou presque : Ligue des champions, Championnat et Coupe de Tunisie. J’ai fait partie d’un vrai « Dream Team » composé entre autres de Malitoli, Abdelkader Belhassen, Noureddine Boussnina, Sirajeddine Chihi, Ayadi Hamrouni, Hassène Gabsi, Ali Ben Néji, et Tarek Thabet. J’ai trop aimé mon passage à l’Espérance et je ne pouvais espérer une meilleure fin de carrière. », nous a confié Mohamed Ali Mahjoubi pour qui  « le fait de ne pas avoir participé à une phase finale de la Coupe du Monde constitue une goût d’inachevé, quelque chose d’important qui a manqué à ma carrière ».
Interrogé sur l’actuelle équipe nationale, Mohamed Ali Mahjoubi estime que  « Nous avons beaucoup de jeunes joueurs talentueux. Sauf qu’Alain Giresse a débarqué tard. Un sélectionneur doit être engagé deux ans au moins avant une échéance importante. Giresse n’a pas eu sans doute le temps qu’il faut pour préparer la sélection. En témoigne la prestation chaotique de notre team national au premier tour de la CAN. Il a fait également des erreurs de casting. Ali Maâloul et Fakhreddine Ben Youssef ne sont pas des joueurs qu’on écarte du groupe. Si Nos joueurs croient suffisamment en eux-mêmes et ont confiance en leurs moyens, l’équipe de Tunisie ira loin car le talent, il y en a ».

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