Accueil Economie Supplément Economique Trois questions à Baptiste Carriere-Pradal, vice-président de la section Europe de Sustainable Apparel Coalition (SAC) : « Miser sur l’adhésion de mille entreprises »

Trois questions à Baptiste Carriere-Pradal, vice-président de la section Europe de Sustainable Apparel Coalition (SAC) : « Miser sur l’adhésion de mille entreprises »

En quoi consiste la SAC ?
La Sustainable Apparel Coalition (SAC) est un regroupement international des plus grandes marques textiles et de chaussures du monde. Actuellement, environ le tiers de l’industrie mondiale fait désormais partie de ce groupe, et ce, pour un seul but : auditer et mesurer la performance environnementale et sociétale des usines avec un outil commun que ce soit pour les produits ou pour les marques. Le but étant d’assurer la transparence et la justesse de l’information communiquée avec un outil clair et comparable. A vrai dire, la coalition pour l’habillement comparable renferme des marques de différentes origines, notamment américaine, européenne et asiatique. Cela fait dix ans qu’on a lancé la démarche. Et il y a deux ans depuis qu’on a un outil mature qui est déployé d’une manière globale pour mesurer l’impact environnemental de l’industrie textile. Près de dix mille usines à travers le monde l’utilisent actuellement. En ce qui concerne la Tunisie, notre présence date de quelques années et nous avons enregistré l’adhésion de 45 usines, le nombre étant toujours en croissance.

L’outil dont vous parlez c’est bien le Higg FEM?
Tout à fait, le FEM est l’outil utilisé pour évaluer la performance environnementale de l’usine. Avec cet outil nous avons pu créer une base de données de l’ensemble des usines textiles répertoriées selon le critère précédemment mentionné. L’idée c’est de commencer par un pilote avec certaines usines tunisiennes. Après, il est question de monter crescendo au fur et à mesure des usines pour qu’ on puisse avoir, au final, tous les fournisseurs qui exportent le textile en Tunisie, d’un côté regroupés sur la plateforme qu’ils peuvent utiliser pour s’améliorer en termes de responsabilité écologique et pérenniser, de facto, dans le futur, la marque durable « made in Tunisia », et de l’autre côté, garantir la valeur « consommation durable » dans la tête des consommateurs.

Comment cet outil fonctionne?
A vrai dire, ça fonctionne comme Facebook. L’usine conçoit son profil — qui est public — en répondant à des questions pour indiquer ses réalisations en matière d’environnement. Et ce pour assurer la transparence. Il permet, également, à une usine de définir au préalable ses actions pour qu’elle soit écologiquement plus performante. C’est-à-dire qu’il va aider une usine à comprendre qu’est-ce qu’elle doit mettre en place pour le traitement de l’eau, la formation du personnel, l’économie de l’énergie…etc. C’est à l’image d’un guide permettant de minimiser et gérer les déchets produits.
Pour la Tunisie, les 45 industriels qui sont déjà inscrits à la SAC affichent de l’appétit pour cet outil. Ils ont, à cet effet, démarré la démarche. Mais si on veut faire de la marque Tunisie « Made In Tunisia », une marque durable il faut miser sur les mille autres entreprises. Actuellement le défi c’est de les convaincre d’autant plus que les 45 pionniers en sont satisfaits.

Charger plus d'articles
Charger plus par Marwa Saidi
Charger plus dans Supplément Economique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *