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Nos chercheurs sont là

Ils se battent sans répit pour vaincre les pires ennemis de notre existence que sont les maladies infectieuses.  Ils ont été formés à l’école publique, ils ont été vaccinés dès leur enfance dans des dispensaires publics. S’ils ont voulu devenir des médecins-chercheurs, ce n’est pas parce qu’ils cherchent la sinécure à vie. Mais c’est parce que pour eux, l’intérêt général est quelque chose d’important, une expression qui a du sens, qui exprime un engagement, une cause plus grande, plus belle que celle de l’intérêt personnel. Ils sont dans les laboratoires de l’hôpital Charles-Nicolle, dans ceux de l’Institut Pasteur de Tunis et ailleurs dans les régions.

Dans l’ombre, ils accomplissent chaque jour une œuvre remarquable au service de la société. IIs travaillent dans un environnement rude, exposés aux risques,  pour élucider les maladies les plus mystérieuses et les plus difficiles à traiter. Leur exercice professionnel et leur pratique sont à la fois riches et complexes.

La singularité de ces hommes et femmes est que l’imagination les hante aux heures décisives. Pour résoudre un problème, ils font appel à toutes les ressources qu’ils ont en eux. Ils n’hésitent pas, lorsque le moment est périlleux, de prendre pour guide la flamme la plus ancienne, vivante au cerveau de tous les hommes : le rêve. Celui de sauver l’Humanité. Parmi eux et elles, il y a lieu de signaler Dr Ilhem Boutib, à qui revient la découverte, tout récemment, du matériel génétique du coronavirus tunisien. Ce qui ouvre les lucarnes de l’espoir quant à la production d’un vaccin contre cette pandémie. Chapeau bas, docteur ! Vous êtes, tout comme vos collègues, dans la lignée des grands noms de ces médecins dévoués à éradiquer le mal et à sauver des vies.  On peut citer de façon hâtive et non exhaustive Charles Nicolle, qui dirigea l’institut tunisien de 1903 à 1936 et y découvrit le virus du typhus, Ernest Conseil, Tawhida Ben Cheikh, Salah Azaïez, Mahmoud Matri et les chirurgiens Saadeddine Zmerli, qui a réussi la première greffe rénale en Tunisie (1986), Mohamed Fourati (première greffe du cœur, 1993) et Tahar Khalfallah (première greffe du foie, 1999). C’est grâce à de telles sommités que la médecine tunisienne, considérée l’égale de la médecine en Europe, a pu disposer d’un capital-confiance qui lui permet de jouer dans la cour des grands.

Faut-il saisir l’occasion pour rappeler aux jeunes médecins qui surfent de grève en grève et qui refusent d’exercer dans les régions reculées que la lumière jaillit de l’enthousiasme nécessaire aux vocations, ce levain puisé dans les recherches médicales. Pour y parvenir, il faut aussi que l’on renforce l’attractivité de ce métier qui n’est pas très rémunérateur mais qui apporte de l’estime pour le travail remarquable qui y est accompli.  Et si la question de l’organisation et des ressources se pose, nous devons alors la poser sans tabou. 

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