Moez Hadidane, universitaire et expert économique
« Le neuvième rapport annuel sur la supervision bancaire de la Banque centrale de Tunisie pour l’année 2019 a émis des réserves quant à la désignation de certaines banques qui ont commis des impairs. Or, ledit rapport est censé être plus transparent. Le rapport en question concerne l’année 2019, mais il a été publié le 19 mars 2021, et c’est un ajournement qui peut s’expliquer par le retard de certains de ses chapitres en raison de la pandémie du coronavirus, mais cela ne justifie pas le retard du rapport dans son ensemble. Ce même rapport a souligné une baisse de la participation de l’Etat dans les banques tunisiennes en 2019, contre une augmentation de la contribution des étrangers. J’attribue cela à une seule opération qui a touché l’ensemble du secteur numériquement, à savoir la vente de la banque Zitouna. Cet indicateur aurait été plus important s’il n’y avait pas eu le processus de levée du capital de la Banque nationale agricole. Le marché renferme 23 banques résidentes en Tunisie et 7 banques non résidentes « offshore », tandis que les institutions financières se composent de 8 établissements de crédit-bail, deux sociétés pour la gestion de la dette et deux banques d’affaires. Le financement du secteur des établissements de crédit en Tunisie est contrôlé par les banques résidentes et ce n’est pas un point positif. L’économie tunisienne est financée par les banques et le volume des entreprises cotées en Bourse équivaut à 20% du produit intérieur brut, ce ratio est de 100% dans d’autres pays. La valeur de la dette de la micro-finance en Tunisie envers l’économie est estimée à 1,5 milliard de dinars, ce qui signifie que le ratio n’atteint pas 1,3% de la dette de tous les intervenants de l’économie ».
Adel Grar, directeur général d’Al Karama Holding
Al Karama Holding est en train de travailler sur, environ, 14 dossiers en même temps, dans le cadre des opérations de cession. Chaque année, nous allons procéder à la vente, d’au moins, une grande société de renommée, en plus de plusieurs petites entreprises qui sont actuellement difficiles à gérer. Je dois dire qu’il est très difficile de savoir quand les dossiers des sociétés que nous gérons seront bouclés. Nous sommes en train de réaliser un montant de 200 millions de dinars dans le cadre de ces opérations, annuellement. On espère que ce montant sera beaucoup plus important avec la cession de « Carthage Cement », cette société cotée en Bourse et dont le capital s’élève à 343 millions de dinars. Carthage Cement a promis d’atteindre trois fois son résultat d’exploitation, et ce, malgré la pandémie du coronavirus. Carthage Cement, le leader du secteur, détient actuellement une part de marché de près de 24%, réalisant des bénéfices d’environ 19 millions de dinars. Il est également prévu que les bénéfices atteignent les 50 millions de dinars cette année. Al Karama Holding avait un programme de développement pour l’entreprise, même si elle est dans une étape de cession, elle sera vendue avec un programme. Les prix du ciment se sont améliorés en Tunisie. Mais quand nous exportons, nous ne gagnons pas forcément parce que nous ne contrôlons pas le prix du marché mondial. Le prix de l’énergie a augmenté, nous ajustons le prix du ciment à la hausse du prix de l’énergie. L’ouverture des offres de vente de l’entreprise sera au cours de la dernière semaine du mois de mai, et il y a 5 investisseurs qui suivent la situation de l’entreprise. De même, il y a des rencontres périodiques qui se tiennent et des centaines de personnes qui travaillent sur ce dossier, et j’estime que le nombre d’offres est important. Pour la société Alfa Ford, une proposition financière nous est parvenue et nous avons relevé les licences, sachant que le processus sera clos et la propriété sera transférée dans les semaines à venir pour une valeur de 57,75 millions de dinars ».