
L’action communale est une affaire sacro-sainte qui se gère au quotidien. Seulement, à chaque fois, nos communes se grattent la tête pour inventer des solutions stériles ou de bricolage… sans suite !
Pollution persistante, déchets jonchant la rue, mauvaise qualité de l’air, c’est, somme toute, l’image ternie d’un paysage écologique urbain aussi dégradé que désolant. Cet état des lieux tel que l’on constate de visu quotidiennement est une réalité tangible, perceptible à perte de vue. Comme si la cité n’avait plus de municipalité !
Des projets tués dans l’œuf !
En 2018, on avait tout mobilisé, volontiers, se lançant dans la course au pouvoir local, avec en toile de fond la démocratisation de l’action communale et l’implication du citoyen dans la prise de décision. Soit une bonne gouvernance qui sied à la bonne gestion des affaires de la cité. Installés, puis dissouts aussi vite qu’ils ont été élus, les conseils municipaux, dont la formation était hybride, n’avaient pas bougé d’un iota. Sans pour autant se concerter sur leur agenda du travail. Leurs conflits d’intérêts se sont répercutés sur le droit du citoyen à un environnement sain et propre, où il fait bon vivre. C’est qu’avant ou après les fameuses élections municipales, il y a toujours de quoi reprocher et pointer du doigt une situation qui laisse encore à désirer. Six ans déjà, l’action municipale, dans ses moindres détails n’a pas porté ses fruits. Alors que la mise en place, pour la première fois en Tunisie, de nouveaux conseils municipaux aurait dû aider nos communes à sortir de l’ornière et voler de leurs propres ailes.
Et puis, cela pouvait ainsi redonner espoir au citoyen qui s’attendait à ce que chaque municipalité fasse sa propre révolution et remette de l’ordre dans sa maison. Hélas, tout projet structurant ou de proximité prévu, en amont, semble être tombé à l’eau. Et toute initiative salvatrice ou idée de projet novatrice fut, alors, tuée dans l’œuf. Combien de quartiers vivent, aujourd’hui, dans la précarité, privés de toutes les commodités minimum du confort et du bien-être social. Et combien de rues et ruelles dans pas mal de cités sont restées, la nuit, plongées dans l’obscurité. L’éclairage public y faisant défaut.
Il y a de quoi se plaindre !
En hiver comme en été, on n’en finit pas de multiplier les réclamations et faire entendre les revendications des riverains, interpellant la commune d’y intervenir. Cette dernière, et les cas similaires sont légion, se doit d’agir sur son agenda local et inscrire les attentes des citoyens à son ordre du jour. Toutefois, il semble, aujourd’hui, dérisoire de se contenter de quelques campagnes de propreté qui se voient limitées dans le temps et dans l’espace. Car la propreté a, toujours, été un domaine réservé à la municipalité et l’une des activités qui rentrent dans ses attributions.
Alors, pourquoi en est-on arrivé là ? Faute de moyens, mais aussi d’engagement professionnel et moral, nos communes ont failli à leur responsabilité. Pas d’espaces de verdure, manque flagrant de bennes à ordures ménagères, éclairage public quasi-défaillant la nuit et parfaitement fonctionnel le jour, routes non bitumées assimilées à des pistes agricoles, des nids de poule parsemés partout, il y a de quoi se plaindre. Sans maires, ni de bons gestionnaires, les mairies ont du mal à répondre aux besoins et préoccupations des riverains. Et parfois, elles sont aux abonnés absents.
Jusqu’à quand cette fuite en avant ?
Il y a, certes, beaucoup de communes qui font encore la sourde oreille, laissant les choses traîner en longueur. La commune de Raoued, à l’Ariana, étant l’une des plus autistes face aux problèmes de la cité. Elle vient, dernièrement, de retirer, sans aucun préavis, les conteneurs poubelles de tous ses arrondissements municipaux, dont la Cité El Ghazala. Depuis, une telle décision unilatérale n’a fait qu’amplifier le fléau de la pollution, érigeant beaucoup d’endroits en des dépotoirs à ciel ouvert. L’on se demande, alors, s’il y aura des alternatives pouvant mettre fin à cette anarchie.
De toutes les façons, la municipalité de la cité a le privilège d’être le premier responsable à accomplir la mission qui est la sienne et honorer ses engagements envers ses citoyens. Au-delà de toutes autres considérations, la propreté étant, toujours, la cheville ouvrière de l’œuvre communale. Alors, on est en droit de se poser la question : jusqu’à quand cette fuite en avant ?