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Le projet de l’autoroute reliant Tunis à Jelma, d’une valeur de 1,7 milliard de dinars, devrait être achevé d’ici la fin de l’année prochaine, a annoncé Anis Mabzaya, responsable de la cellule de gestion de ce vaste chantier. Un projet titanesque qui représente un tournant majeur dans le développement des infrastructures routières du pays.
Lors de son passage ce vendredi 28 février 2025 sur les ondes de Mosaïque Fm, Mabzaya a précisé que cette autoroute s’étend sur 168 km, répartis sur huit sections. La particularité de ce projet réside dans le fait que toutes les sections ont été lancées simultanément, un fait inédit en Tunisie. Il a souligné que cette infrastructure est essentielle pour renforcer le réseau autoroutier national, améliorer la mobilité, et favoriser le développement régional en offrant une connexion rapide entre différentes régions du pays.
Sur un autre plan, il a précisé que le cahier des charges du projet inclut l’utilisation de technologies de pointe pour la construction des autoroutes en Tunisie. En effet, ce projet marquera l’introduction de nouvelles techniques de génie civil, notamment dans l’utilisation de béton spécial, pour une infrastructure plus durable. “L’autoroute traversera quatre gouvernorats clés, à savoir Ben Arous, Zaghouan, Kairouan et Sidi Bouzid, ce qui en fait une artère vitale pour les régions intérieures du pays”, a-t-il ajouté.
Avec un total de neuf échangeurs et une série d’infrastructures hydrauliques, dont 300 petites installations et plusieurs grands ouvrages sur les oueds, le projet prévoit également la construction de près de 100 ponts. Cela représente une part importante des travaux réalisés par le ministère de l’Équipement et de l’Habitat sur une période de cinq ans, selon Mabzaya.
Le projet a, cependant, rencontré plusieurs défis, principalement d’ordre foncier, notamment en ce qui concerne la gestion des terrains dans la région de Kairouan, qui a entraîné des retards. Malgré ces difficultés, la plupart des obstacles ont été franchis, à l’exception de quelques cas isolés, en cours de résolution avec l’espoir de les résoudre d’ici juin 2025.
Une autre difficulté réside dans l’approvisionnement en matériaux nécessaires pour les travaux, notamment les terres pour le remblayage, avec une estimation de 17 millions de mètres cubes à fournir, ainsi que 10 millions de tonnes de matériaux d’extraction. “Pour résoudre ce problème, une collaboration étroite avec les autorités locales a été mise en place afin de faciliter l’extraction de la terre et de réduire ainsi les délais de réalisation”, a encore souligné le responsable.
En ce qui concerne les matériaux d’extraction, le projet a été retardé par l’arrêt de certains tronçons en raison de dettes.
Toutefois, après intervention des ministères de l’Équipement, des Finances et des Domaines de l’État, la production a repris, bien qu’une amélioration soit encore nécessaire pour garantir le respect des délais.
Il est à rappeler que le réseau autoroutier tunisien couvre actuellement environ 750 km, dont 571 km pour l’autoroute A1 reliant Tunis à Ras Jedir, passant par les pôles économiques de Sousse, Sfax, Gabès et Médenine. À terme, la longueur totale du réseau autoroutier devrait atteindre 1323 km d’ici 2035, renforçant ainsi la compétitivité du pays et la fluidité des échanges économiques.