Accueil A la une Les dernières heures du jeûne : jusqu’à 20 % d’accidents graves en plus

Les dernières heures du jeûne : jusqu’à 20 % d’accidents graves en plus

La docteure Nour El-Houda Nouira, cheffe du service des urgences à l’hôpital Mongi Slim, a révélé que les accidents de la route connaissent une forte augmentation pendant le mois de Ramadan. En effet, les services d’urgence reçoivent un pourcentage élevé d’accidents graves, notamment pendant les dernières heures de la journée de jeûne, avec un taux de 15 %, voire jusqu’à 20 % par rapport aux autres mois de l’année.

Elle a observé que les accidents impliquant des motos représentent la majorité des cas traités dans les services d’urgence, surtout au cours des deux dernières heures de la journée pendant le mois de Ramadan. Elle a également souligné que seulement 17 % des personnes hospitalisées après un accident portaient un casque, ce qui signifie que 83 % ne le portaient pas, augmentant ainsi la gravité des accidents et causant des blessures graves.

Lors d’une conférence de presse organisée par l’Observatoire national de la sécurité routière ce vendredi, dans le cadre des campagnes de sensibilisation menées en préparation du mois de Ramadan, la docteure Nouira a indiqué que la proportion d’accidents de la route graves enregistrés par les services d’urgence atteint 65 %.

Elle a également précisé que la majorité des victimes d’accidents sont des jeunes de moins de 36 ans, ce qui souligne que cette tranche d’âge représente une catégorie active et productive de la société, augmentant ainsi les conséquences sociales et économiques de ces accidents pour tous.

La docteure Nouira a attribué l’augmentation des accidents de la route durant le mois de Ramadan, notamment pendant les dernières heures de la journée, à des facteurs liés aux comportements des conducteurs tunisiens, ainsi qu’à des raisons de santé. Elle a souligné que la pression ressentie par les conducteurs pour rentrer rapidement chez eux, combinée à la baisse de concentration liée au jeûne et à la baisse du taux de sucre dans le sang, sont des facteurs clés qui expliquent ces accidents.

De son côté, le colonel Chamseddine Adouani, directeur de la coordination et de la communication à l’Observatoire national de la sécurité routière, a indiqué que 620 accidents avaient été enregistrés depuis le début de l’année jusqu’au 26 février, entraînant 156 décès et 814 blessés. Il a souligné que ce chiffre marquait une baisse par rapport à la même période de l’année précédente, où 914 accidents avaient été recensés, causant 171 morts et 1 233 blessés. Cela représente une diminution de 32,17 % du nombre d’accidents et de 33,98 % du nombre de blessés.

Cependant, malgré cette baisse, l’Observatoire a constaté une « hausse sans précédent de la gravité des accidents » cette année, atteignant un taux de 25,16 % par rapport au taux de gravité des accidents à la même période de l’année 2024, qui était de 18 %.

Le colonel Adouani a attribué cette hausse de la gravité des accidents principalement à des comportements imprudents des usagers de la route, au non-respect des règles de circulation, au non-port de la ceinture de sécurité et au manque de port du casque pour les conducteurs de motos.

Il a ajouté que, lors du mois de Ramadan dernier, l’Observatoire avait enregistré 500 accidents de la route dans diverses régions du pays, causant 102 décès et 664 blessés, dont des blessures de diverses gravités. Cela constitue un véritable « signal d’alarme », car l’Observatoire n’avait pas enregistré de tels chiffres depuis plusieurs années pendant le mois de Ramadan.

Adouani a insisté sur le fait que les principales causes des accidents restent les comportements à risque, l’imprudence, la négligence, l’utilisation du téléphone portable, le manque de concentration, la fatigue, la baisse du taux de sucre dans le sang, ainsi que l’excès de vitesse, en particulier dans les quatre heures précédant l’heure de l’iftar et pendant les heures de pointe.

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