
Pour le troisième jour consécutif, l’opération d’évacuation des camps de migrants africains irréguliers originaires des pays du sud du Sahara dans les régions d’Al-Amra et de Jbeniana, situées dans le gouvernorat de Sfax, se poursuit sous l’impulsion des unités du Croissant-Rouge tunisien, des services de santé, de la protection civile, ainsi que de plusieurs municipalités voisines et des autorités régionales. L’opération est menée sous la protection sécuritaire des unités de la Garde nationale et de la police nationale dans leurs différentes spécialités.
Lors d’une déclaration faite ce samedi 5 avril 2025, le porte-parole de la Direction générale de la Garde nationale, le colonel-major Houcem Eddine Jebali, a indiqué que la coordination entre la Marine, la Garde côtière et les frontières maritimes pour lutter contre l’immigration irrégulière et prévenir les infiltrations a permis d’enregistrer des résultats sans précédent. “Aucun passage illégal n’a été signalé à travers les frontières terrestres durant les trois premiers mois de l’année 2025”, a-t-il ajouté.
Le colonel-major Jebali a également précisé que ce succès reflétait la vision stratégique du président de la République, qui a obtenu l’approbation du Conseil national de sécurité pour cette mission. Il a ajouté que cette initiative avait été saluée par de nombreux pays. Selon lui, la lutte contre l’immigration irrégulière entraîne des coûts importants pour l’État, notamment en termes de logistique, comme l’utilisation de patrouilleurs maritimes, mais elle est essentielle pour garantir la sécurité nationale et régionale.
Un équilibre entre sécurité et humanité
Concernant l’opération d’évacuation des camps de migrants, le porte-parole de la Garde nationale a souligné que les différents services du ministère de l’Intérieur sont présents sur le terrain depuis quatre jours. Ils agissent sous la supervision directe du président de la République, avec un objectif clair : évacuer ces camps anarchiques tout en respectant la loi et en tenant compte des aspects humanitaires et sociaux. “Nous avons veillé à privilégier l’aspect social sur le plan sécuritaire, car de nombreux migrants sont des victimes de la traite des êtres humains”, a-t-il précisé.
De nombreux migrants souffrent de conditions sanitaires précaires, et certains ont été transférés dans des hôpitaux pour recevoir les soins nécessaires. D’autres, qui ont manifesté leur volonté de revenir dans leurs pays d’origine, attendent leur départ devant le siège du Croissant-Rouge tunisien et de l’Organisation internationale pour les migrations pour organiser leur retour volontaire.
Houcem Eddine Jebali a en outre révélé que, selon les rapports de renseignement de la Garde nationale et des services spécialisés de la police, plusieurs migrants africains irréguliers ont exprimé leur désir de retourner volontairement dans leurs pays d’origine et se sont inscrits auprès de l’Organisation internationale pour les migrations après leur séjour dans les camps.
Pour rappel, l’opération d’évacuation, qui concerne environ 20 000 migrants présents à Al-Amra et Jbeniana, se poursuit sous la supervision des autorités tunisiennes, en collaboration avec les pays d’origine, de transit et d’accueil. Une attention particulière est portée au soutien au retour volontaire et à la coordination avec les organisations internationales pour l’hébergement temporaire avant le départ.
Par ailleurs, plusieurs citoyens de la région ont exprimé leur satisfaction quant aux efforts déployés par les autorités tunisiennes, en particulier les unités de sécurité, le Croissant-Rouge tunisien et les services de santé. Ces derniers estiment que cette opération contribuera à restaurer l’ordre dans la région, permettant ainsi aux propriétaires de fermes et de champs d’exploiter à nouveau leurs terres, et de mettre fin aux nuisances environnementales et sanitaires associées à ces camps.