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Les aides oui, et après ?

Editorial La Presse

L   es pays amis de l’Etat sioniste qui rechignent à admettre, sous un voile d’interprétations et de gloses, le terme de génocide, se réveillent (après un long sommeil) en pointant la famine dans la bande de Gaza. La Maison-Blanche déclare que la guerre est devenue «brutale» et que Trump «veut que les tueries cessent», après l’annonce de l’ouverture par les États-Unis de centres de distribution alimentaire dans l’enclave.

Le chancelier allemand, l’un des plus fidèles soutiens de l’entité sioniste, a annoncé en termes timides et prudents la mise en place d’un pont aérien visant à acheminer des denrées alimentaires et des fournitures médicales. Preuve que les grandes décisions de l’Allemagne sont dans l’attelage des Etats-Unis. Quand le président Trump s’enrhume donc, le chancelier Merz tousse.

L’Etat voyou est isolé, même ses alliés occidentaux stratégiques se désolidarisent de sa politique militariste : la France a annoncé sa décision de reconnaître la Palestine, la Grande-Bretagne lui emboîte le pas, le Canada a acté sa volonté de les rejoindre.

L’élan public sans précédent, on le constate chaque jour, manifeste son horreur de la guerre et opte en faveur du changement. Un élan qui progresse rapidement, même parmi les anciens sympathisants de l’Etat sioniste. Il commence à produire ses effets.

La reconnaissance par ce nouveaux venus de l’Etat de Palestine en septembre signifierait que les États-Unis seraient le seul membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU à ne pas reconnaître la Palestine (la Russie et la Chine l’ont reconnue en 1988).

Cela donnera à la Palestine et à ses défenseurs un poids supplémentaire, mais incitera-t-il les États-Unis à suivre le bon chemin ? On n’est pas prêt à le croire.

Toutefois, il faut être lucide et prendre un peu de distance : la reconnaissance par les trois pays occidentaux n’entraînera pas de changement immédiat dans la politique de l’Etat génocidaire qui affame la population. Ces pays continueront, de toute évidence, de commercer avec leur allié criminel, y compris de lui vendre des armes, même après la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Ces pays qui soutenaient la politique d’agression et de crimes, poussés par leurs populations à intervenir pour arrêter la famine, crient à pleine voix l’acte et les effets du largage de l’aide (vivres, médicaments…) aux malheureux Gazaouis assiégés et menacés de famine.

Depuis hier, I’Etat sioniste a autorisé de nouveau l’entrée partielle des marchandises privées, qui de toute façon ne sera jamais suffisante.

L’ONU, ainsi que la majorité des ONG opérant dans Gaza, refusent de travailler avec GHF, la sinistre organisation américano-sioniste, en mettant en cause ses procédés et sa neutralité. 169 ONG affirment qu’en moins de quatre semaines, plus de 500 Palestiniens ont été tués, et près de 4.000 blessés, en tentant d’accéder à l’aide humanitaire.

Le calvaire des Palestiniens ne s’arrêtera pas avec les aides qui reprennent et s’arrêtent, selon le bon vouloir des autorités occupantes, ce qui l’arrêterait c’est une décision politique et ferme du chef de la plus grande puissance.

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