
La traversée maritime par bacs vers et depuis l’île de Djerba est interrompue depuis minuit dans la nuit de samedi à dimanche, en raison d’une grève du personnel. Cette suspension durera jusqu’au mardi 19 août, a indiqué à l’agence TAP le secrétaire général du syndicat de base des bacs, Lazhar Jouili.
Selon lui, ces bacs transportent jusqu’à 4 000 véhicules par jour en période estivale, et au minimum 1 000, selon le nombre d’unités en service.
“Tous les agents sont présents sur site et prêts à reprendre leur travail dès que les revendications seront prises en compte”, a-t-il déclaré, soulignant en priorité la nécessité de remettre les unités à niveau pour améliorer la qualité du service et garantir la sécurité.
Lazhar Jouili affirme que les bacs, aujourd’hui « réduits à de simples coques », ne sont plus exploitables en l’état et ne fonctionnent que grâce aux efforts individuels des agents, une situation qu’il qualifie de risquée tant pour les usagers que pour les équipages.
Les grévistes réclament une révision complète du secteur, notamment l’accélération du transfert de tutelle des bacs du ministère de l’Équipement au ministère des Transports, accompagné d’un plan de restructuration clair.
Il rappelle que cette grève a déjà été reportée à plusieurs reprises, après qu’une séance de conciliation, initialement promise pour le 15 août par le ministère des Affaires sociales, n’a pas eu lieu. Le mouvement, prévu au départ du 10 au 12 août 2025, avait été suspendu pour laisser place aux négociations.
Actuellement, les bacs de Djerba relèvent du ministère de l’Équipement et de l’Habitat. Une décision gouvernementale datant d’octobre 2019 a prévu leur rattachement au ministère des Transports afin de mieux aligner le transport maritime de passagers et de véhicules sur les normes de sécurité en vigueur. Mais cette réforme reste bloquée faute de textes réglementaires, que les agents demandent de publier dans les plus brefs délais pour, selon eux, “réaliser le saut qualitatif escompté”.