Dans les années 2000, le tourisme tunisien représentait 6% du PIB du pays, pour chuter, aujourd’hui, jusqu’à moins de 3%. Après les attentats de 2015, le secteur a connu la fermeture de nombreux hôtels. Le tourisme a été longtemps le premier fournisseur de devises au pays. Pour débattre de ces questions et pour exposer sa vision et sa stratégie, M. René Trabelsi, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, a animé un débat sur le thème «Tourisme tunisien : quelle vision pour un avenir meilleur». Il a souligné dans ce cadre que «le tourisme est une source d’emplois et d’équilibre financier grâce aux apports en devises. La Tunisie, du nord au sud, est un pays sécurisé. Dans ce contexte, le tourisme connaît une bonne relance».

Le tourisme alternatif, culturel, sportif, de chasse et écologique constitue un nouveau créneau porteur et répond aux nouvelles exigences du touriste, qui veut profiter de son séjour dans un pays afin de connaître sa culture, faire des activités sportives…

Un parcours fort intéressant
Feriel Gadhoumi-Mehrezi, chargée de la communication et PR manager à Tunisian national tourist office (tunisia inspiring), nous a présenté le cadre général du tourisme tunisien. Avant d’aborder les chiffres-clés des défis et des opportunités, il est important de parcourir l’histoire du tourisme tunisien. Sa naissance remonte aux années 60, la Tunisie est une destination touristique centenaire avec un parcours fort intéressant de plus de 130 ans d’histoire.

La Tunisie avec sa position géographique était une terre d’accueil pour les visiteurs de tout bord. Ce n’est que vers la fin du XIXe siècle, que le tourisme, qui était au stade de prospection, qui se cherchait, a commencé à prendre forme pour devenir un tourisme réservé à une élite. Ce tourisme-là évolue dans le temps pour se pencher, à partir des années 20, vers un tourisme sous une forme balnéaire. L’intérêt porté au tourisme se confirme, et en 1952, le premier hôtel du pays voit le jour.

Sept ans plus tard, on construisait la première école hôtelière dédiée à la formation en métier du tourisme, et en 1972 la Tunisie recevait 750.000 touristes européens. Le tourisme se développe petit à petit pour s’imposer par la suite comme un des principaux piliers de l’économie nationale avec 7% du PIB environ, représentant 5% d’investissements directs de l’étranger, 23% de toute couverture de la balance commerciale et 12% de l’emploi national. A noter que la Tunisie a accueilli en 2018 près de 8,3 millions de touristes internationaux générant environ 4 millions de dinars de recettes. Aussi, le secteur compte 868 établissements d’hébergement dont 566 hôtels classés.

Des atouts à exploiter
La capacité hôtelière offerte est de plus de 237 mille lits, auxquels s’ajoutent une centaine d’hôtels de charme, de maisons d’hôtes, des centaines de restaurants touristiques et d’agences de voyages. Le tout réparti sur 7 grandes régions touristiques. Si la Tunisie est parvenue à réaliser ces performances, c’est qu’elle dispose d’un atout unique, un atout qui lui est propre. Il s’agit d’un littoral de 1.300 km au bord de la Méditerranée, une richesse culturelle de 3.000 ans d’histoire et 8 sites classés patrimoine mondial Unesco, une proximité géographique de l’Europe (à 1 heure de Rome, à 2 heures de Paris, à 2 heures 30 de Berlin et Prague et à 4 heures de Moscou) et enfin un climat doux avec une température moyenne de 17 degrés en hiver.

Tous ces atouts ont permis de développer plusieurs activités touristiques, dont le balnéaire, la tourisme médical et de bien-être, en passant par le tourisme saharien, culturel, gastronomique et écologique. Il est nécessaire, cependant, d’anticiper les tendances futures. Les études réalisées à cet effet ont montré que d’ici à 2050, la population mondiale passerait de 7,5 milliards à 10 milliards d’habitants, dont 2 milliards de seniors avec des revenus en baisse et une utilisation croissante des réseaux sociaux et des plateformes collaboratives.

Par ailleurs, 16 milliards de passagers sont attendus dans les aéroports. Pour ce qui est du court terme, nous envisageons d’ici à 2020 de recevoir 10 millions de touristes. Il est question de relever les défis qui se présentent au cours de la prochaine période. Ces défis sont regroupés en 4 groupes, à savoir : la digitalisation, la diversification, l’innovation et l’investissement, et la durabilité.


Sabrine AHMED

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