Dans tout le Maghreb, une tradition musicale s’est répandue par les routes tracées entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Appelé Gnawa au Maroc, Diwan en Algérie et Stambali en Tunisie, cet art témoigne de l’histoire commune de cette pratique ancestrale et de la richesse de notre patrimoine musical. Le Stambali est une cérémonie envoûtante où la musique et la danse nous entraînent dans l’univers du Gembri (instrument à 3 cordes) qui encense le public jusqu’à la danse.

A travers toute la Tunisie, quelques dernières maisons dédiées au Stambali font perdurer cette tradition en faisant découvrir au public des expressions artistiques qui trouvent leurs racines dans la mémoire du continent africain. L’histoire du Stambali raconte l’héritage spirituel de la communauté noire tunisienne. Ces troupes de Stambali nous proposent des spectacles à caractère festif qui allient, dans un même élan, le côté spirituel et les anciennes traditions.

Croyances et pratiques musulmanes
Ce rite a vu le jour parmi les populations originaires d’Afrique subsaharienne transférées vers la Tunisie dans le cadre de l’esclavage. Dans une démarche syncrétiste d’intégration dans la société tunisienne, il a assimilé des croyances et pratiques musulmanes comme le culte populaire des saints pratiqué dans l’ensemble du Maghreb, ce qui a conduit à la constitution d’un panthéon composé d’esprits africains et de saints musulmans.

Il peut être comparé aux rites des Gnawas du Maroc, du Diwan algérien et du Makeli libyen dans le sens où les adeptes du Stambali, parfois appelés «bilaliens», considèrent aussi Sidi Bilal, esclave noir affranchi par Mahomet et premier muezzin de l’islam, comme le fondateur de leur confrérie, un mythe destiné à légitimer leur présence au sein d’une société dominée par l’islam. La troupe de Stambali Sidi Ali Lasmar est l’une des troupes qui pratiquent, jusqu’à ce jour, ce type de rite musico-thérapeutique en Tunisie.

Sous l’œil de Riadh Ezzawech, maître-initié de la troupe, les joueurs du Gembri et des crotales en fer vous transporteront dans un univers magique et mystique où les danses et l’esprit des anciens, mythes des esclaves affranchis, se mêleront aux chants des cultes de l’islam populaire. La troupe comporte plusieurs membres qui participent aux spectacles rituels de Stambali : musiciens, danseuses et l’Arif vous proposent un spectacle aux ambiances tamisées de la Médina de Tunis où chants et danses s’entremêlent dans un espace intime.

La troupe de Stambali  Sidi Ali Lasmar
Le spectacle comporte plusieurs parties, dont chacune détient sa propre particularité au niveau de la musique, des couleurs et des odeurs. Découvrant ainsi cette tradition qui prend ses racines en Afrique subsaharienne et dont la sève coule au Maghreb.

Pourquoi le Stambali ?
Parce que c’est un art 100% tunisien. C’est une culture incarnant nos racines, mais marginalisée. On aspire, en outre, à la sauvegarde et la valorisation du patrimoine immatériel du Stambali, actuellement en danger en Tunisie et en voie de disparition. C’est un spectacle festif à partager avec tous. On agit pour faire connaître la culture Stambali en Tunisie et à travers le monde et assurer la pérennisation de ces traditions. Il est important de créer une nouvelle dynamique suscitant la réflexion et l’action autour d’une partie importante du patrimoine musical et symbolique tunisien, une partie d’ores et déjà bien présente dans l’imaginaire collectif.

L’association de la Culture du Stambali «Sidi Ali Lasmar», fondée le 23 mai 2016 à Tunis, a pour but de contribuer à la préservation de la culture Stambali comme héritage culturel ancestral. L’association promet aussi les différents aspects de cet art, en disposant des cours d’instruments Stambali et les règles de cette danse. (Page Facebook: Association de la Culture du Stambali Tunisie « Sidi Ali Lasmar« )

 

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