Les grévistes revendiquent essentiellement la mise en application des accords relatifs aux promotions professionnelles et l’amendement de la loi organique relative à la poste. Le droit constitutionnel des agents de la poste à la grève et à l’amélioration de leurs conditions de travail ne doit pas piétiner celui des citoyens à disposer d’un service de proximité de qualité et soucieux de la satisfaction du client en termes de qualité de service. La Fédération générale de la poste devrait placer les intérêts des citoyens au-dessus de toute considération d’ordre syndical ou politique. Il y va de l’intérêt national à sauvegarder la bonne marche des institutions dont la poste fait partie.

Quand la poste s’arrête, c’est toute une dynamique de la vie économique et sociale qui s’arrête. ça ne tourne même plus au ralenti, ça ne tourne plus tout court. La grève est intervenue à un moment inopportun. A deux semaines de la rentrée scolaire et toutes les démarches qui assurent la réussite de la reprise. Cette grève tombe au plus mal car elle coïncide avec la période d’inscription des élèves et étudiants aux établissements éducatifs et universitaires, outre le versement des pensions de retraite.

Une nouvelle grève des agents de la Poste tunisienne entamée sur fond de perturbation du rythme du travail depuis mercredi 21 août 2019 et qui ne semble point fléchir malgré la pression de la rue. Que ce soit devant les portes des bureaux de postes situés à l’avenue Habib-Thameur ou à la rue Hédi-Nouira, la cohue de la foule semble régner en maître de céans. Une centaine de personnes faisaient toujours vers midi le pied de grue devant les bâtiments. Les nerfs étaient à fleur de peau. D’autres retardataires patientaient gentiment avec eux. Chacun se faisant tout petit qui posté patiemment à l’ombre, qui lézardant le mur avec une once d’espoir qu’une issue soit trouvée pour la réouverture du bureau de poste. Au bureau de poste Mohamed V, une grosse poignée de personnes agglutinées devant les portes d’entrée toujours fermées à la clientèle ne désespère pas. Plus encore, on tape du poing et des mains jusqu’à ce qu’on vienne les secourir pour les sortir de ce pétrin ! Que nenni, les agents ne l’entendent pas de cette oreille et campent sur leurs positions jusqu’à ce qu’ils obtiennent satisfaction.

Les innombrables services postaux et transactions monétaires rendus par la Poste tunisienne sont indispensables à de nombreuses familles tunisiennes. D’autres témoins oculaires se sont rendus au bureau de Habib-Thameur  où le spectacle qui donnait à voir était ahurissant. Une grande foule de citoyens qui attendent en vain depuis des jours la reprise des services financiers et postaux. Ces derniers étaient indignés et désespérés face à la nonchalance des employés du bureau de poste qui n’ont même pas pris la peine de leur donner la moindre réponse ou information concernant une éventuelle reprise du travail.

Une reprise partielle ?

Selon une correspondance officielle de l’agence TAP, seulement trois bureaux de poste ont ouvert hier. Les trois bureaux objet d’une reprise partielle des services postaux sont ceux cités plus haut, à savoir Habib-Thameur, Mohamed V et le bureau de Tunis République. Une chose qu’on ne pouvait totalement confirmer ni infirmer sur place tellement les événements évoluaient graduellement au fil des heures et de la journée d’hier. A l’heure où la majorité des bureaux de poste de la République sont fermés depuis au moins le 21 août, ces derniers semblent vouloir enclencher une issue favorable et colmater les brèches. Car les témoignages qui fusent des personnes attendant impatiemment d’accéder au service de la poste traduisent leur désespoir et contrastent avec les annonces de reprise. Un vieillard qui frappe des deux mains sur la porte ne décolère pas : « J’ai besoin d’encaisser mon mandat Cnam pour acheter de nouveaux médicaments car je souffre d’une maladie chronique. » Un autre affirme qu’il pointe depuis six heures du matin pour être en première ligne à l’ouverture des guichets avant qu’il ne tombe des nues en apprenant que le service ne reprendra pas. La perturbation du rythme du travail au sein d’un très grand nombre de bureaux de poste, dans diverses régions du pays comme à Hammamet où les habitants ont barré la route en signe de riposte risquent de nuire à leur relation avec les citoyens tunisiens, voire les étrangers. Les perturbations survenues dans le réseau de ses bureaux traduisent l’incapacité à assurer les services administratifs de façon habituelle.

Cette grève, qui dure depuis au moins six jours, «a été décrétée dans 98% des bureaux de poste répartis sur tous les gouvernorats du pays », selon Habib Mizouri, syndicaliste de la Fédération générale de la poste tunisienne. Malgré tout, hier matin, il était injoignable pour répondre à nos interrogations quant à l’issue finale «de la grève qui semble être tributaire de la reprise des négociations avec l’autorité de tutelle».

Les grévistes revendiquent essentiellement la mise en application des accords relatifs aux promotions professionnelles et l’amendement de la loi organique relative à la poste. Le droit constitutionnel des agents de la poste à la grève et à l’amélioration de leurs conditions de travail ne doit pas piétiner le droit des citoyens à disposer d’un service de proximité de qualité et soucieux de la satisfaction du client en termes de qualité de service. La Fédération générale de la poste devrait placer les intérêts des citoyens au-dessus de toute considération d’ordre syndical ou politique. Il y va de l’intérêt national à sauvegarder la bonne marche des institutions nationales dont la poste fait partie.

 

 

le ministère de la Communication: «Des mouvements illégaux»:

Le ministère des Technologies de la communication et de l’Economie numérique a qualifié les derniers mouvements menés par les agents de la Poste tunisienne d’illégaux.

Le ministère a précisé, dans un communiqué publié hier à Tunis, que ces mouvements de grève, qui ont entraîné l’arrêt de l’activité de tous les services de l’Office de la poste, ainsi que des services postaux et financiers destinés aux citoyens, n’ont pas respecté le cadre légal.
Il a démenti avoir «refusé d’assister à des séances de négociations et de dialogue, contrairement aux informations erronées véhiculées à ce sujet».

Le ministère a précisé qu’il œuvre à prendre les mesures nécessaires à cet effet, pour préserver les intérêts des citoyens, renouvelant son appel, aux agents de la poste, à faire preuve de responsabilité et à respecter les lois en vigueur, en vue de préserver la pérennité de la Poste tunisienne.
Des grèves sont enregistrées au niveau d’un certain nombre de bureaux de poste depuis mercredi 21 août 2019, après des tentatives de mettre fin par la force au sit-in, observé par des responsables syndicaux et des agents de la poste, au siège du ministère de la communication et de l’Economie numérique.

Les professionnels de la poste demandent de mettre en œuvre les conventions relatives aux avancements ainsi que certaines revendications sociales, dont l’amendement du statut de la poste, tel que convenu entre les parties syndicales et l’administration.

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