Les 1.800 congressistes nidaïstes ont réussi à élire les 217 membres du comité central de leur parti. Aujourd’hui, c’est à ces derniers qu’échoit la mission de choisir les 32 membres de l’instance politique dont la présidence est  briguée par Selma Elloumi et Hafedh Caïd Essebsi
Comme l’on s’y attendait, le Congrès de Nida  Tounès, dont les travaux ont été ouverts samedi à Monastir, et qui se sont poursuivis hier, au moment où nous mettions sous presse, a réussi à élire les 217 membres de son comité central, à avaliser la proposition de son président d’honneur, le président Béji Caïd Essebsi, relative à la levée du gel de l’adhésion de Youssef Chahed, chef du gouvernement (le  locataire du palais de La Kasbah oppose toujours un silence assourdissant à l’initiative du président Caïd Essebsi) et à faire voter deux résolutions, la première excluant toute alliance, à l’avenir, avec un  parti politique à référentiel religieux (allusion à peine cachée au mouvement Ennahdha) et la  deuxième concerne l’interdiction du tourisme parlementaire.

Sauf que l’essentiel reste  encore en suspens et se résume en la réponse à la question suivante: quel rôle assumera, à l’avenir, Hafedh Caïd Essebsi, au sein de la prochaine instance politique du parti composée de 32 membres qui seront élus aujourd’hui, mardi 9 avril, comme décidé par les congressistes ?

En plus clair, les membres fraîchement élus du comité central vont-ils choisir une autre personnalité nidaïste autre que Hafedh Caïd Essebsi pour diriger l’Instance politique considérée comme la structure de gestion quotidienne du parti et de prise des décisions qui engagent l’avenir du parti ?

Dimanche et lundi, les congressistes se sont retrouvés face à l’urgence de trouver une solution à cette crise qui couvait au sein du parti depuis des mois et à laquelle le congrès était dans l’obligation de trouver une issue qui éviterait de tout faire tomber dans l’eau : comment convaincre Hafedh Caïd Essebsi d’accepter que les congressistes puissent élire un autre candidat à la tête de l’instance politique et comment l’amener aussi à éviter un désaveu qui lui semble évident dans la mesure où tout porte à croire que les membres du comité central semblent décidés à l’écarter de la présidence de l’instance politique et à voter pour Selma Elloumi qui a exprimé sa volonté de briguer la présidence de l’instance ?

Hier, toutes les tractations et les concertations de coulisses n’ont pas apporté les résultats qu’on attendait, c’est-à-dire pousser Hafedh Caïd Essebsi à accepter le poste honorifique de président du comité central et à céder la direction effective du parti à Selma Elloumi qui semble remporter les faveurs des congressistes.

Jusqu’à hier régnait dans les coulisses du congrès une ambiance d’attente pesante et une interrogation se répétait parmi tous les présents : le président d’honneur du parti, le président Caïd Essebsi, va-t-il maintenir la position qu’il a développée à l’ouverture du congrès appelant à insuffler un sang neuf au parti (ce qui revient à dire écarter les visages qui dirigeaient le parti jusqu’au congrès dont en premier lieu Hafedh lui-même) ?

On attend pour aujourd’hui comment ceux qui alignent leurs positions sur les petites phrases ou les indiscrétions du président Caïd Essebsi vont réagir au cas où il laisserait les élections se dérouler normalement.

A.DERMECH

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