Argent sale, financement occulte, des sacs en plastique bourrés de devises, des ambassadeurs qui «orchestrent avec des candidats au palais de Carthage leurs campagnes électorales», etc., les déclarations, les contre-déclarations, les insinuations et les petites phrases assassines sur l’ambiance délétère dans laquelle risquent de se dérouler la campagne électorale et les élections elles-mêmes ne se comptent plus dans la mesure où elles prolifèrent quotidiennement à un rythme de plus en plus soutenu.

Et dans l’attente que l’Isie et la Haica interviennent pour remettre les pendules à l’heure et obliger les protagonistes à adopter un nouveau comportement fondé sur le respect mutuel, loin de la recherche du sensationnel et des scandales le plus souvent fabriqués, les journalistes et les institutions médiatiques, notamment celles audiovisuelles, se sont trouvés mêlés, de gré ou à leur insu, aux campagnes électorales de certains candidats à l’élection présidentielle, en tant que membres des équipes de communication de ces mêmes candidats ou en tant qu’espaces ouverts à ces candidats pour y professer, à longueur de journée, leurs programmes et orientations, essentiellement pour dénigrer leurs concurrents.

Une situation, un état de fait que le Syndicat des journalistes tunisiens dénonce avec vigueur en menaçant de réagir fermement à l’encontre de toute atteinte à l’éthique professionnelle.

Jaloux et décidé à préserver les règles de la déontologie de la profession contre toutes les formes de manquement ou  d’atteinte à l’honneur du secteur, le syndicat appelle les journalistes concernés à annoncer la suspension de leurs activités dans les médias où ils exercent jusqu’à la fin de la campagne électorale, l’objectif étant d’éviter aux journalistes de se trouver impliqués dans des agendas partisans les obligeant à pencher vers des comportements contraires à l’éthique du métier.

Idem pour certains médias et stations TV et radio qui ont opté pour la propagande et la publicité politiques au profit de certains candidats, au détriment des règles de la neutralité, de l’objectivité et de l’intégrité de l’opération électorale.

L’appel au respect de l’éthique professionnelle lancé par le syndicat des journalistes et sa mobilisation dans le but de s’opposer aux déviations et aux violations qui pourraient avoir des incidences négatives sur le processus électoral relèvent d’un acte de conscience et de maturité digne d’estime et de considération.

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