
Brahim Jomni est connu pour être un ancien joueur du Club Olympique des Transports durant son illustre temps et ses années de gloire avec une inoubliable finale de Coupe de Tunisie, perdue face à un des spécialistes de l’épreuve, le Club Africain. Brahim Jomni qui jouait en milieu de terrain au poste de demi gauche soit l’ailier du jeu moderne, avait ouvert la voie du succès avant que son équipe ne l’emporte lors de la séance de tirs au but. Depuis une décennie, il s’est reconverti en président de club. Il fait désormais les beaux jours de l’Association Sportive Ittihad Jebel Jelloud, équipe avec laquelle il a raté de peu l’accession en Ligue 3 lors de la saison dernière. Il nous fait des confidences et nous raconte son parcours de footballeur ponctué de moments impérissables et révèle ses ambitions renouvelées à la tête de l’équipe de ses premières amours.
Lorsque vous vous remémorez vos meilleurs moments en tant que footballeur professionnel et entraîneur puis président de club, quels sont ceux que vous retenez le plus ?
Mis à part l’épopée de la Coupe de Tunisie 1987/1988 que j’ai remportée avec le COT et qui a constitué l’apogée de ma carrière à laquelle je pouvais aspirer à donner encore plus d’envergure, ce sont les joies du club que je dirige qui me redonnent les meilleures sensations. Nous avons raté de peu l’accession, fin avril dernier, lors d’un match impeccable sur tous les plans, disputé devant cinq mille spectateurs sur le terrain municipal de Jebel Jelloud. Une affluence record qui traduit la passion des habitants pour leur équipe fétiche qui joue avec un mental d’acier et une rage de vaincre sans pareille dans la Ligue régionale de Tunis. Commme joueur de l’ASI, j’avais connu une saison exceptionnelle au cours de laquelle nous avons été sauvés de la relégation et un autre exercice qui m’a laissé quelques chagrins lorsque je devais quitter mon club de cœur pour rejoindre les rangs d’Hammam-Lif et porter les couleurs du club de la banlieue sud en lieu et place du «rouge et vert» qui est la tunique historique du club de Jebel Jelloud. J’avais alors à peine dix-sept ans et ce fut le grand saut vers le niveau supérieur durant les années 1980 avant que je ne joue de nouveau pour un club divisionnaire, le C.S. Ben Arous, lors de la saison 1984-1985. J’ai fini par migrer vers le C.O.T. de Boubaker Zitouni et Henchiri.
Quelles sont vos ambitions à la tête de votre club pour cette nouvelle saison?
Comme toujours, depuis voilà neuf ans que je suis à la tête du club, il s’agit d’obtenir des résultats probants sur le plan sportif avec une accession au palier supérieur pour l’ASI, voire monter en Ligue 2 au cours des prochaines années, ce qui représente la place de choix de notre club étant donné que la Ligue 1 est encore loin de nos ambitions. Nous comptons participer à la prochaine Coupe de Tunisie après avoir été disqualifiés lors de l’exercice précédent. L’A.S.I. compte cinq catégories avec les séniors, les juniors, les cadets, les minimes et le centre de formation. Je suis particulièrement satisfait du rendement de mes protégés dans la catégorie des cadets qui obtiennent souvent des résultats probants. Le club dispose d’une structure pour les jeux individuels et les arts martiaux notamment le karaté, le taekwondo, la lutte, le judo. Nous souhaitons obtenir l’octroi par la municipalité d’une salle couverte de façon permanente pour organiser et abriter dans des conditions optimales le déroulement de ces activités sportives individuelles et renforcer ainsi la structure du club. Une manne financière importante devra être générée par le sponsoring si les dirigeants des sociétés de la région mettent la main à la poche pour accompagner l’évolution du club et le soutenir financièrement. Pourtant, des signatures de conventions et des parrainages on été faits pour permettre d’assurer un meilleur encadrement de l’effectif de la catégorie séniors composée de trente-deux joueurs et la formation des jeunes natifs de Jebel Jelloud, mais il y a un manque de volonté et d’implication de la part de certaines parties prenantes.
Décrivez-nous les débats qui animent le championnat de la Ligue régionale divisée en deux groupes avec une seule équipe qui accède au palier supérieur, la ligue 3, ainsi que ses spécificités.
Il faut savoir d’emblée qu’il n’y a pas de système de relégation dans cette Ligue régionale, étant donné qu’elle constitue le plus bas étage de la hiérarchie du football tunisien. Hormis quelques équipes qui jouent le rôle de simple faire-valoir sans ambition de montée réelle, d’autres comme l’A.S.I. que je dirige jouent chaque année crânement leurs chances. On a frôlé de peu l’accession comme au cours de la saison dernière qui vit notre équipe échouer aux portes des barrages d’accession en Ligue 3 en faveur de l’équipe de Jedaïda qui s’est imposée dans notre fief au cours d’une rencontre décisive. Dans l’histoire de notre club qui remonte à 1947, l’année de sa fondation par Farhat Hached, qui a œuvré activement pour la création du club, l’A.S.I. a déjà évolué en Nationale 2, l’équivalent de la Ligue 2 actuelle. Le club basé à Jebel Jelloud a connu en 2014 une accession en Ligue 3 sous ma direction avant de rétrograder de nouveau en Ligue régionale. Le championnat de la saison 2019-2020 sera entamé entre les mois d’octobre et novembre 2019 pour finir en mai 2020. Deux poules de huit équipes chacune seront constituées avec l’espoir d’intégrer deux nouvelles équipes pour rehausser le niveau de la compétition. La nouveauté actuelle réside dans l’aménagement d’un gazon synthétique de quatrième génération depuis le 20 mars 2019 sur le terrain du stade municipal, à l’instar des clubs de la Ligue comme Carthage, El Ouardia. D’autres clubs suivront en 2020 pour faire en sorte que toutes les équipes évoluent sur du gazon artificiel et rompre ainsi avec la terre battue. De plus, de nouveaux vestiaires verront le jour à la fin de l’année 2020 pour renforcer les équipements et l’infrastructure du complexe « Moncef Belkhir». Le stade porte le nom d’un joueur emblématique du club.