Le candidat à la présidentielle anticipée Youssef Chahed a déclaré lundi que « mon expérience pendant trois ans au pouvoir m’a convaincue que la réforme est possible ».  Il estime être parvenu à « réaliser plusieurs réussites à la tête du gouvernement malgré les difficultés et le lourd legs de la Troïka ».

A l’ouverture de sa campagne électorale, Youssef Chahed qui a délégué ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la fonction publique, a relevé qu’il « fait face à une classe politique hypocrite qui le soutien publiquement et qui entrave son action au parlement ». Certains d’entre eux, a-t-il dénoncé, sont même allés jusqu’à mobiliser des pages sur les réseaux sociaux israéliens moyennant un coût de 850 mille euros pour le saper.

Chahed dit avoir mené un combat contre l’héritage du pouvoir, ce qui lui a beaucoup couté, selon ses propres termes. Et d’ajouter qu’il avait la possibilité de faire des « compromis » chose qu’il a rejeté, en choisissant d’affronter « la mafia » qui a essayé de lui soustraire le pouvoir dans le but d’obtenir l’Immunité diplomatique.

Concernant son programme électoral placé sous le signe « une Tunisie plus forte », Chahed a notamment insisté sur une démocratie plus forte qui bannit la diffamation et le blocage de la production et qui repose sur un État fort et un pouvoir fort, ainsi que sur l’application de la loi.

Le projet de Chahed porte aussi sur le renforcement de la dignité du Tunisien et sa sécurité par le renforcement de la police de proximité et les caméras de surveillance pour lutter contre le vol et harcèlement.

Sur un autre plan, Youssef Chahed a évoqué le renforcement de la diplomatie de la neutralité positive ainsi que la diplomatie économique comme priorité. De même pour la conquête de nouveaux marchés.

Il a souligné le besoin de rassembler les Tunisiens autour d’un projet national à travers une réconciliation réelle, contrairement, a-t-il fait observer, à ce qui a été réalisé jusque-là dans ce sens et qu’il estime être « un règlement de compte ».

Chahed estime que la révision de la Constitution n’est pas possible pour le moment, proposant en contrepartie de revoir le système électoral pour faciliter la formation d’une majorité parlementaire capable de gouverner le pays et d’amender le règlement intérieur du parlement concernant le vote de confiance aux ministres.

Il a insisté sur le besoin d’assainir le climat politique et revoir les mécanismes de levée de l’immunité diplomatique sur chaque personne impliquée dans une affaire de corruption et de rompre définitivement avec l’ingérence de la famille du président dans les affaires de l’État.

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