D’après les propositions publiées dans le Livre Bleu édité par une pléiade d’experts économiques dans le cadre de l’initiative Econ4Tunisia, l’objectif est de faire passer le niveau d’investissement par rapport au PIB de 20 à 30% à l’horizon 2025.
«La relance de l’investissement s’appuie sur l’activation de mesures à la fois au sein des structures de l’Etat et en faveur du secteur privé et des investisseurs étrangers». En effet, ces mesures s’articulent autour de cinq axes dont l’adoption de politiques sectorielles effectives, le renforcement du milieu institutionnel de l’investissement, l’opérationnalisation des réformes structurantes pour l’investissement et l’assainissement du milieu d’affaires, l’encouragement à l’investissement, à la croissance et à la compétitivité et enfin l’engagement de l’Etat en tant que locomotive de la transformation de l’économie.

Concernant l’adoption de politiques sectorielles, les experts estiment qu’il «est important que l’Etat définisse des filières prioritaires en fonction des forces et capacités du pays et des tendances de la mouvance mondiale».

En conséquence, il est impératif d’adopter des politiques sectorielles pour diriger les opérateurs économiques vers diverses activités. Sept filières sont ainsi prioritaires pour la Tunisie, à savoir l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, l’industrie du tourisme et de la culture, le digital, les industries manufacturières à technologie avancée, les services à haute valeur ajoutée, les énergies renouvelables et l’économie verte et le développement durable.

C’est dire que «l’adoption de politiques sectorielles implique la fixation d’objectifs mesurables et la mise en œuvre d’instruments d’incitation et d’accompagnement appropriés pour les opérateurs économiques concernés».

Trois actions-mesures 

Volet investissement, et au regard des barbaries souvent évoquées par les chefs d’entreprise, les experts suggèrent trois actions majeures devant être lancées rapidement afin d’assainir le milieu institutionnel dont la stabilisation des règles fiscales et sociales, sans prévoir de nouvelles taxes ni d’augmentation des impôts existants sur les entreprises ou d’introduire des mesures fiscales qui «sont foncièrement antiéconomiques que ce soit par la loi ou par la doctrine administrative».

Il convient, ainsi, de «donner une visibilité sur l’évolution des charges fiscales et sociales ainsi que sur les réformes attendues dans ces domaines».

La deuxième action consiste en la numérisation de l’administration dont il faut accélérer, la mise en œuvre et enfin la réforme en profondeur de la réglementation de change en offrant les mêmes conditions que les pays concurrents au nôtre en matière d’investissement étranger et fournissant aux opérateurs nationaux pour leurs entreprises les mêmes conditions de fonctionnement en cas d’établissement de leur base d’opérations à l’étranger.

Réformes structurantes 

Quatre réformes structurantes doivent être engagées pour assurer la relance de l’investissement et l’assainissement du milieu d’affaires. En premier lieu figurent la lutte contre le secteur informel et l’évasion fiscale et la lutte contre la corruption, ensuite l’ouverture  sur le privé des activités jusque-là monopolisées par les entreprises publiques. À titre d’exemple, «cela signifie ouvrir aux privés les activités d’acconage dans les ports et décliner la Steg en deux activités : la distribution qui peut être un monopole public et la production qui doit être possible à la Steg et aux opérateurs privés dans les mêmes conditions de concurrence».

À celles-ci s’ajoutent l’amélioration de la qualité des services publics au sein des entreprises publiques et la consolidation du secteur financier pour avoir des groupes bancaires et financiers solides.

Outre ces réformes, les opérateurs économiques proposent des mesures à même d’accélérer l’élan d’investissement attendu, de dynamiser la croissance et de promouvoir les conditions de compétitivité.

Il s’agit «d’adopter des mesures fiscales favorables à la croissance, notamment la ré-institution du régime de dégrèvement physique pour le réinvestissement, la déductibilité  des amortissements au-delà du coût d’acquisition et la généralisation du régime de réévaluation légale». Ceci, outre l’appui aux entreprises dans leur quête à l’internationalisation et l’adoption d’un régime fiscal et de sécurité sociale appropriés, permettant aux entreprises d’activer les leviers leur facilitant la rétention des talents.

À l’évidence, l’État demeure un acteur économique important pour les entreprises du secteur privé et doit soutenir la concrétisation de la vision économique et des priorités sectorielles, et ce, en lançant les investissements publics et les projets structurants et en fournissant  les conditions d’attribution et de gestion des marchés publics.

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