Trois concerts de jazz successifs, organisés dans pas moins de deux temples de la musique et du spectacle ont rythmé les nuits des mélomanes fidèles au festival «Jazz à Carthage» depuis plus d’une dizaine d’années. En 2019, le Jazz se décentralise et se vit différemment avec les 6 artistes qui en ont lancé le coup d’envoi.

Du Zéphyr à l’Acropolium de Carthage, la première partie de «Jazz à Carthage» est validée par ses artistes éclectiques et leur public. Bahdja et la virtuose Myriam Toukabri accompagnées par Kheireddine M’Kachiche ont lancé les festivités. L’évasion a commencé par une élévation de sonorités instrumentales. Des complaintes de luth et du oud essentiellement ont retenti dans la salle dans une ambiance mystifiée, spirituelle. Une manière de plonger le public dans l’univers de Myriam Toukabri. Une voix, une présence et un talent qui présideront à son spectacle de chant pendant plus d’une heure. Sa prestation est un voyage dans le temps, un bond dans son enfance, déroutant mais surtout intimiste.

Après un commencement en douce, Bahdja a pris la relève dans une ambiance à l’image de son nom : joyeuse et festive. Son maniement instrumental explore un répertoire musical nord-africain, arabo-andalou et jazzy. Leur musique est un ascenseur émotionnel sensationnel : le groupe qui fait fusionner saxophone, piano, basse, clarinette, violon, batterie passe de la mélancolie à l’exaltation.

Envoûté sous la voûte de la cathédrale
Le lendemain, l’acropolium a accueilli les deux artistes à l’affiche : les Autrichiens Duo Fuess et Lechtfried qui ont ouvert les festivités face à une salle comble où on organisait pour la première fois «Jazz à Carthage». Leicht fried et Dominik Fuss débarquent à temps sur scène. Mis à part leur maniement synchronisé des instruments comme le piano et la trompette, la complicité des deux artistes se fait sentir sur scène : c’était comme si les deux hommes communiquaient via leur musique. La trompette ajoute une touche de gaieté à leur répertoire estival, qu’on reverrait bien retentir pendant l’été.

Omar El Ouaer a repris le flambeau de la soirée. L’artiste tunisien, accompagné de ses musiciens, a fait du chemin depuis son parcours musical entamé entre la France et la Tunisie et il n’en est pas à sa première au festival «Jazz à Carthage». Depuis ses 11 ans, il a baigné dans le milieu et a fait ses preuves. Pour présenter son dernier opus «Amber», ce muscien s’est présenté sur scène avec un Sextet. Après avoir évolué en trio, quartet et en quintet, il rempile cette année en six. A ses côtés, Hédi Fahem à la guitare et Yasmine Azaiez au violon qui ont grandement porté la performance.

Un surplus de sonorités instrumentales
Toujours à l’Acropolium de Carthage pour la 2e soirée consécutive, «Marc Perrenoud Trio», trois artistes suisses se sont emparés de la scène par un samedi soir pluvieux. Sold Out pour leur soirée qu’ils s’apprêtent à partager avec le groupe mondialement attendu les «Kokoroko». Pendant une heure, en première partie, ils ont adouci la foule avant de se confier à des journalistes présents sur place : «On est très contents d’être ici. Il s’agit de notre première en Tunisie. On s’est rendu compte aussi à quel point cette destination était proche de Genève. L’acropolium est un lieu magnifique». Et enchaîne : «On joue ensemble depuis 10 ans, et le répertoire ne cessera de se peaufiner, surtout quand on rencontre toujours de nouveaux publics, tel que les Tunisiens qui étaient fort accueillants et réceptifs». Conclut le trio avant de partir précipitamment. Kokoroko, les interprètes du mythique «Abusey Junction» ont fait bouger le public. Ils étaient tous debout : une énergie groovy, dansante, et toujours aussi instrumentale a transcendé l’ambiance mystique qui régnait. Pendant 1h15, le groupe s’est fait encore accompagner de Yasmine Azaiez qui a ajouté un zeste de violon à leur prestation. L’IFT abritera les deux prochaines dates du «Jazz à Carthage» avec Bumcello et Djam, le palais Ennejma Ezzahra, et le pavillon de Gammarth accueilleront les dates les plus attendues, qui font déjà pour la plupart sold out, comme les Hooverphonic, Sly Johnsson, Peter Cincotti ou encore Sarah MacCoy, entre autres. Une surdose de Jazz jusqu’au 14 avril 2019.

Haithem HAOUEL

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