C’est sous l’emprise de la crainte, du ras-le-bol, du désenchantement, de vouloir tout changer et rapidement, etc., que se déroulera, à notre humble avis, le scrutin de ce dimanche, visant à élire un président de la République.
Le choix sera sans doute difficile, pour la plupart des électeurs, avec une forte connotation de vote sanction. Certains veulent la peau des islamistes, d’autres celle des agents de l’ancien régime, d’autres encore celle des corrompus et des arrivistes, sachant que les premiers et les deuxièmes sont également taxés de corruption et d’arrivisme.
Acculés à venir voter, les électeurs désabusés le feront donc et avant tout, nous croyons le deviner, avec la ferme volonté d’écarter tel ou tel candidat, surtout ceux qu’ils considèrent directement ou indirectement responsables de leur misère quotidienne et leur désespoir face à l’avenir.
Et ce qui est grave, c’est que la majorité d’entre eux ont arrêté leur choix sur la base d’impressions, d’impulsions, de ouï-dire, de fausses informations, tels que les sondages trafiqués. Ils viendront, donc mais nageant, la plupart d’entre eux, dans un épais brouillard.
Un état aux conséquences néfastes pour l’ensemble du pays, comme nous l’avons déjà signalé ici même depuis plusieurs mois (voir notre chronique du 3 avril 2019), les privant de choisir leur favori d’une manière rationnelle et qui fera en sorte qu’ils seront surtout animés du fol espoir que leur élu, à eux, sera capable, lui, d’améliorer leurs conditions de vie.
Choix qui n’a qu’un faible rapport avec la réalité, à condition de ne pas choisir, bien sûr, un candidat du type «un éléphant dans un magasin de porcelaine» et les candidats du genre existent bel et bien parmi les prétendants au palais de Carthage, ou encore un candidat propre mais manipulable.
Or, chacun le sait, ou doit le savoir, le chef de l’Etat ne possède pas le pouvoir d’agir directement sur l’économie du pays, donc sur les conditions de la vie quotidienne des citoyens. Et cette confusion chez une bonne partie des électeurs a été exploitée, avec mauvaise foi par certains candidats.
D’autres candidats ont inclus, dans le volet sécurité nationale, qui fait partie des prérogatives du chef de l’Etat, sécurité publique, alimentaire, hydrique, sanitaire, sociale, etc., et ce, afin de montrer qu’ils auront leur mot à dire s’il sont élus et aussi pour séduire les masses assoiffées d’actions concrètes et efficaces capables de réduire leur souffrance au quotidien.
Pléthore de candidats, beaucoup de blablabla, des conflits qui commencent à devenir inquiétants entre partisans de tel ou tel candidat et surtout un flottement inquiétant pour la plupart des secteurs et une inertie générale qui s’est emparée du pays.
Avec un exécutif provisoire et sortant et un législatif sortant mais accaparé par les élections et qui le restera jusqu’à fin octobre, imaginons la situation du pays qui a déjà souffert de la faiblesse de l’appareil de l’Etat depuis des années.
D’où la certitude que cela aura des répercussions négatives sur les performances économiques du pays, surtout que les nouveaux députés auront à discuter le budget de l’Etat et la loi de finances pour 2020, à préparer par, tenez-vous bien…, un nouveau gouvernement, à former, Dieu seul sait en combien de temps et à entériner par les premiers.
D’où le pétrin dans lequel nous allons nous retrouver dans quelques semaines, surtout que la Constitution fixe des délais clairs et bien précis pour chaque étape de tout ce processus qui se caractérise par son caractère très délicat, hautement important et surtout décisif pour l’année à venir.

Foued ALLANI

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