IL semble que ceux qui avançaient que les résultats du premier tour de la présidentielle auront des incidences certaines, voire déterminantes, sur les élections législatives, savaient bien de quoi ils parlaient et leurs pronostics ou les scénarios qu’ils prédisaient commencent, déjà, à prendre forme au niveau de la campagne électorale pour l’accession au palais du Bardo, campagne qui  entre aujourd’hui dans sa sixième journée.

En effet, la campagne des 15 mille candidats aux législatives se déroule dans une discrétion totale, dans une ambiance de désintérêt général et dans un climat de désaffection populaire.

Encore plus surprenant ou inexplicable, près d’une semaine après le démarrage de la campagne des législatives, nos villes ne donnent pas l’impression de vivre un moment particulier comme celui de 2014, nos partis politiques, plus particulièrement ceux se proclamant les plus forts, les plus rayonnants et les plus représentatifs, laissent comprendre aux citoyens qu’ils sont en train d’assurer une corvée plutôt que de participer à la fête de la démocratie et de mobiliser à fond leurs militants et militantes afin d’arracher la confiance des électeurs le 6 octobre prochain.

Et les analystes, les observateurs et les politologues de pulluler sur les plateaux TV et les radios, sans oublier les blogueurs et les facebookers qui assument, eux aussi, une grande part de responsabilité dans la torpeur populaire, voire le rejet ou carrément le boycott silencieux dont souffrent la campagne électorale législative et les quelques candidats, en particulier les indépendants, qui gardent encore l’espoir de séduire les électeurs et de les amener à les écouter.

La responsabilité est, certes, collective et ce sont les députés qui sont, de par l’image qu’ils ont répercutée durant le mandat législatif écoulé, les premiers responsables de la rupture ou de la fracture citoyens-responsables politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition.

Toutefois, les erreurs du passé, les pratiques inadmissibles dont se sont rendues coupables les élites post-révolution et ce sentiment de «trahison» que ressentent beaucoup de Tunisiens ne doivent, en aucune manière, prévaloir sur l’essentiel : poursuivre l’aventure démocratique et avoir la conviction qu’une Tunisie meilleure est toujours possible.

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