Poussé par l’obligation des résultats et le désir de voir leurs enfants obtenir de très bonnes moyennes, les parents s’immiscent de plus en plus dans la vie scolaire des établissements éducatifs et remettent parfois tout en question.

L’agression verbale violente d’un directeur d’école par un parent d’élève fait ressurgir à nouveau le spectre du phénomène de la violence au sein du milieu scolaire et révèle la crise de confiance qui altère les relations souvent conflictuelles entre les parents et le cadre éducatif et administratif des établissements scolaires. La dispute est née d’un désaccord sur la classe dans laquelle se trouve l’élève inscrite en cinquième année primaire. Face au refus de sa fille de rester dans cette classe, le père s’est rendu illico presto à l’établissement et est entré en trombe dans le bureau du directeur pour exiger la mutation de son fils dans une autre classe. Le refus ferme et poli de cette requête parentale a valu au responsable de l’établissement d’être rabroué sans ménagement par le père de famille qui l’a traité de tous les noms d’oiseaux possibles et imaginables. Le procureur de la République a été saisi et une enquête a été ouverte. Ce n’est pas la première fois qu’un cadre éducatif est agressé par un parent d’élève. Au cours des années écoulées, d’autres agressions verbales violentes ont eu lieu à l’encontre des enseignants des établissements éducatifs entraînant des arrêts temporaires de cours. Alors que l’enceinte scolaire était un milieu réputé sacré et « inviolable », il est devenu courant de voir un parent d’élève faire irruption dans une salle de classe et tenir des propos désobligeants  au professeur de classe au motif que son fils ou sa fille ne mérite pas la note très mauvaise obtenue dans l’un des examens du trimestre. Ce type d’incident est devenu de plus en plus fréquent dès lors que la sacralisation de l’enseignant n’est plus vraiment au goût du jour. Cela fait depuis belle lurette que l’enseignant est tombé de son piédestal.

Crise de confiance

Cela s’expliquerait notamment par plusieurs facteurs dont la dégradation du rendement du système éducatif et du niveau des élèves qui a eu raison progressivement de la confiance  qui a fini par s’émousser entre les enseignants et les parents. Poussé par l’obligation des résultats et le désir de voir leurs enfants obtenir de très bonnes moyennes, les parents s’immiscent de plus en plus dans la vie scolaire des établissements éducatifs et remettent parfois tout en question : niveau des enseignants, aménagement des emplois du temps….Alors qu’ils pourraient se contenter d’émettre leurs avis ou de manifester leur mécontentement ou désaccord de façon polie et civique au cours de la traditionnelle réunion parents d’élèves et enseignants ou au sein de l’association des parents d’élèves, ils sont de plus en plus nombreux à dépasser les bornes en admonestant vertement les enseignants et les directeurs des établissements éducatifs pour n’importe quel point, question ou problème ayant trait à la scolarité de leurs enfants et tentant de faire pression sur les directeurs des établissements et les enseignants, recourant même à la menace pour imposer leur vision des choses. Elle est bien loin l’époque où les parents s’en remettaient entièrement aux responsables éducatifs et aux enseignants qui avaient non seulement pour mission de transmettre les connaissances aux élèves mais également de parachever leur éducation. Il est temps que le ministère remette de l’ordre dans tout cela en signifiant aux parents qui cherchent trop à s’ingérer dans les affaires scolaires les limites qu’ils ne doivent pas dépasser.

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