Pour favoriser l’investissement, l’ancien ministre des Finances prône un accord entre le gouvernement et les partenaires sociaux, en l’occurrence l’Ugtt et l’Utica, pour ne pas augmenter ni les prix, ni les salaires, ni le taux de fiscalité durant trois ou quatre années. Ainsi, il sera possible d’orienter les fonds vers l’épargne et les projets de développement

Le budget de l’année 2020 sera de 47 milliards de dinars. C’est ce que vient d’annoncer le ministre des Finances, M. Ridha Chalghoum. Ce montant sera dépensé dans plusieurs projets et programmes qui seront prévus dans le cadre du budget de l’année prochaine. Contacté à ce sujet, M. Houcine Dimassi, ancien ministre des Finances, a indiqué qu’il faut avoir une idée sur le projet du budget de l’Etat 2020 dans sa globalité pour pouvoir se prononcer sur sa portée. Cependant, il souligne que le volume du budget annoncé est important et en augmentation par rapport à celui de 2019.

«Le plus important est de savoir où sera dépensée cette somme faramineuse et d’où va-t-on apporter les ressources financières pour alimenter ce budget», souligne notre interlocuteur. Et d’ajouter : «L’Etat compte réduire l’endettement mais sur quelle base un tel objectif sera-t-il atteint ? Deux éléments importants sur lesquels l’Etat peut agir, à savoir les salaires et le volume de la compensation». Selon M. Dimassi, les entreprises publiques en difficultés bénéficient, elles aussi, des subventions de la part de l’Etat. Au cas où l’on réduirait le volume de ces subventions,  ces entreprises déjà souffrantes vont connaître une aggravation de leur situation financière.

Réduire l’endettement

Donc, sur quelles bases sera réduit l’endettement. Notre interlocuteur est pour la réduction, d’une façon progressive, de la compensation pour certains produits comme les céréales et ses dérivés. «C’est que le volume de la compensation est en accroissement constant et l’on droit se rapprocher, de façon progressive, de la réalité des prix notamment pour ce qui est des produits en céréales et dérivés », soutient l’ancien ministre des Finances. Il est irrationnel, en effet, de continuer à compenser des produits comme le pain et les pâtes avec la même cadence. Pour favoriser l’investissement, notre interlocuteur prône un accord entre le gouvernement et les partenaires sociaux, en l’occurrence l’Ugtt et l’Utica pour ne pas augmenter les prix, ni les salaires et le taux de fiscalité durant trois ou quatre années. Ainsi, il sera possible d’orienter les fonds vers l’épargne et les projets de développement.

Il s’agit aussi d’orienter les fonds vers la maintenance et l’entretien de l’infrastructure de base et des équipements collectifs qui ont connu au fil des ans une dégradation prononcée. C’est dire que le gouvernement a plusieurs défis à relever au cours de la prochaine étape. «Les gouvernements successifs n’ont pas réussi à améliorer la situation et, au contraire, on a assisté à un recul dans certains secteurs», regrette M. Dimassi.

A noter qu’en 2020, l’Etat souhaite réduire davantage le déficit budgétaire et atteindre 3%, ce qui permettra de réduire le taux d’endettement qui a enregistré déjà une baisse de 2 points en 2019. Il est nécessaire de donner plus de détails au sujet de la baisse de l’endettement pour connaître, d’une façon précise, quels sont les secteurs qui ont été ciblés en vue d’atteindre cet objectif ambitieux.

Une évolution conséquente

«Le projet du budget de l’Etat pour l’année 2020 serait aux alentours de 47 milliards de dinars contre 40,662 milliards de dinars en 2019», a annoncé hier Ridha Chalghoum, ministre des Finances. Dans une déclaration aux médias, en marge de sa participation au 24e  forum de l’organisation des assurances africaines à Tunis. Le ministre a indiqué, en outre, que le plus important actuellement c’est de continuer à réduire le déficit budgétaire situé à  6,1 en 2016 et 2017, à 4,8 en 2018 et serait de 3,9 en 2019.

Pour atteindre cet objectif, il est indispensable d’agir au niveau des dépenses de certains secteurs sans causer des déséquilibres financiers aux entreprises publiques, ni porter atteinte au pouvoir d’achat des citoyens, notamment ceux appartenant à la classe moyenne et  celle qui dispose d’un revenu limité. Le ministre a expliqué, en tout cas, que la baisse du déficit budgétaire a été réalisée grâce au développement des ressources de 17%, le paiement des Tunisiens de leurs impôts et les efforts des services de recouvrement. A noter que la fiscalité constitue l’élément le plus important dans l’alimentation du budget de l’Etat.

Quand tous les contribuables s’acquittent de leur devoir fiscal, les recettes de l’Etat connaîtront une amélioration sensible. Un meilleur recouvrement des impôts permet également de renforcer les revenus de l’Etat qui a tant besoin de fonds pour financer ses multiples projets et programmes prévus ou en cours. Chalghoum a mis l’accent sur l’importance d’assainir les finances publiques et de rechercher de nouvelles ressources, estimant qu’il n’est plus possible de continuer avec un taux d’endettement qui dépasse les 70 %. Les nouvelles ressources financières ne doivent pas se limiter, en tout cas, à l’emprunt extérieur devenu très difficile avec les taux d’intérêt élevés imposés.

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