Les incohérences clubistes sont révélatrices de profondes dissensions internes qui ont affaibli un club qui fut exemplaire sur la scène, comme dans son modèle de formation, construit pierre après pierre et reposant sur des valeurs qui avaient libre cours par le passé.

Les sommations pleuvent au Club Africain en cette période du centenaire. A tel point que garder la tête hors de l’eau est devenu l’impératif vital, un engagement de tous les instants.

Au-delà des injonctions qui s’amoncellent, l’état d’urgence décrété apporte la preuve que rares sont ceux qui ont  préparé la succession au CA. Depuis quelque temps déjà, le CA ne fait que marquer contre son camp. Les supporters, à leur tour, ne sont pas dupes et sont peut-être, les plus lucides.

Le message récurrent qui revient sonne comme un aveu d’impuissance et se résume à un appel de détresse du style «il faut sauver le Club Africain», ce bastion qui s’apprête à souffler sa centième bougie. Un bastion, le CA l’est assurément.

Sauf que, contrairement à ce qui est gravé dans la pierre du Parc A, le bâtiment se fissure à un rythme effréné et inquiétant.

Même si les grands clubs ne meurent jamais, le CA peut craindre le pire. Un grand club,  populaire à l’envi. Actuellement, le fait de proclamer, comme une incantation, ce type de formule éternelle est en soi un  aveu de faiblesse… et d’orgueil.

Pourquoi ? Parce que ni les hommes ni les institutions  ne sont immortels ! Plus fondamentalement, les incohérences clubistes sont révélatrices de profondes dissensions internes à tous les étages, qui ne datent pas d’hier et qui ont «gangrené» un club qui fut exemplaire sur la scène, comme dans le modèle de formation construit pierre après pierre, reposant sur des valeurs qui avaient libre cours, hier. Les temps ont changé et la lutte de clans a pris le relais de cet étrange silence post-crise.

La spirale infernale

Le CA est donc dans une spirale infernale. Pris dans un tourbillon qui prend des allures de tsunami.

Tout semble en effet concorder pour que le CA ne soit pas prêt à décoller cette année, cette saison, celle du centenaire.

Ça fait mal mais c’est comme ça. Un bon nombre de puristes en sont convaincus. Sauf miracle, la messe est dite pour cette saison.

Il s’agira de sauver les meubles sur le plan sportif, ainsi qu’éponger, apurer et solder sur le plan comptable.

La spirale de la défaite, la spirale des concours de circonstances défavorables, l’erreur essentielle d’avoir choisi des seconds couteaux la saison passée, avant que ne tombe l’interdiction de recruter. Tout cela se paie cash. Et puis, il y a bien entendu la rancœur tenace et même peut-être «revancharde» de dirigeants «démocratiquement» écartés de la direction du club, et qui n’en finissent pas de savonner la planche laissant la désagréable impression qu’ils se réjouissent de la descente aux enfers.

Un club dans la tourmente rassemble normalement autour de lui.

L’union sacrée doit naturellement être décrétée en ce sens. Or, là, les soubresauts et autres péripéties clubistes ont quasiment ouvert les vannes des critiques les plus mesquines.

Tout cela ne fait que précipiter la chute de l’ambition clubiste sur fond de contexte surréaliste. Oui, tout est désormais permis lorsque l’on démolit. Surtout quand on met au jour des facettes de la réalité, qui comportent aussi les venins les plus cruels.   

Et au-delà de la crise qui secoue le CA. Bien avant, quand certains ont mis en  exergue l’interrogation sur la clarté des finances du club en révélant des chiffres soufflés par certains, et utilisés à dessein pour suggérer l’idée que le crach financier n’est pas loin, et que le CA est extrêmement endetté, c’est tout l’édifice clubiste qui se met à vaciller, faute de confiance et de sérénité.

Lorsque les soucis s’accumulent et la crise s’installe, tout se ligue contre vous. Puis, la raison s’égare et l’on perd de sa pondération.

Certains diront que l’on ne peut rien contre la marée montante.

Mais il faut tout de même s’armer d’humilité et de solidarité.

L’heure viendra où la marée se retirera, et ou des hommes se lèveront et diront non à la fatalité. Cette heure est peut-être plus proche qu’on ne l’imagine pour le CA. Les grandes équipes, les grands clubs ne meurent jamais.

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