Hier, dimanche 6 octobre, le grand jour que les Tunisiens attendaient avec impatience et aussi suspicion a confirmé, malheureusement, dans une large mesure, la crainte, la peur et la méfiance qui habitaient la majorité écrasante des citoyens de voir les élections législatives se dérouler dans l’indifférence générale, de constater que le taux de participation a été, encore une fois, faible et de découvrir, enfin, que les jeunes sur lesquels on comptait pour sauver l’expérience démocratique ont boudé les urnes et fait la sourde oreille à tous les appels qui les incitaient à exercer leur droit fondamental de choisir, en toute liberté et responsabilité, les députés qui assureront la lourde charge de conduire le pays au cours des cinq prochaines années.

Tout au long de la journée, a régné sur le pays une atmosphère de doute et de méfiance née de la peur de voir les élections législatives donner lieu à un non-évènement comme  l’ont annoncé beaucoup d’observateurs et d’analystes qui n’ont pas cessé, durant  les deux  semaines de la campagne électorale, de prédire que les électeurs vont récidiver, en infligeant aux partis politiques au pouvoir et dans l’opposition le tsunami qu’ils ont subi un certain dimanche 15 septembre 2019. Un message de rejet, un signal  de rupture et de fracture dont plusieurs n’ont pas réussi à saisir la signification et à tirer les enseignements.

Et ce sont ces mêmes  parties qui continuent à refuser de reconnaître que les Tunisiens ont décidé de se prendre en charge, d’assumer leurs responsabilités en choisissant les candidats qu’ils sentent proches d’eux et qui leur inspirent confiance.

Hier, les électeurs, plus particulièrement à travers leur refus d’avaliser un système qui a fait montre de sa faillite, ont démontré que la Tunisie n’a plus besoin de ces politiciens de la 25e heure qui n’ont pas saisi la portée des messages du 15 septembre dernier.

Il reste, cependant, à souligner qu’autant les jeunes ont désavoué «les politiciens-escrocs» en boudant les urnes, autant ils se sont désavoués eux-mêmes en abandonnant leur droit absolu de participer à l’édification du devenir de leur pays et en perdant aussi le droit de critiquer, de contrôler et d’évaluer le rendement des députés qui s’installeront au palais du Bardo après la déclaration définitive des résultats.

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