Bien sûr, il ne s’agit pas de n’importe quelles portes, et encore moins de n’importe quelle histoire. Il s’agit des portes de Djerba, l’île miraculeuse où «l’air est si doux qu’il empêche de mourir». Et il s’agit des portes que Abbès Boukhobza a choisies, dans son environnement familier, pour l’histoire des houchs qu’elles ne ferment jamais, pour les vies qu’elles laissent entrevoir, les fêtes apercevoir, les deuils deviner.

De porte en porte, à travers l’exposition au joli thème de «Houchs et Biben», Abbès Boukhobza emmène avec lui ses racines, son île voyageuse, ses voisins, leurs houchs, et, bien sûr, les portes de leurs demeures.
A Genève, au siège des Nations unies, et bientôt à New York s’il trouve les soutiens nécessaires, ce qu’on lui souhaite de tout cœur, il offrait à découvrir cet univers préservé que seul donne à voir une porte entrebâillée.
«Chaque houch a son histoire ancestrale et respectable, l’ambiance de la naissance, celle de la circoncision, de la bar-mitsvah, des fiançailles, du mariage, de la mort, mais toujours de l’espoir. Ces atmosphères, ces rites, on les découvre à travers des portes entrouvertes. Les portes n’ont pas de religion, elles ont des histoires à raconter», explique l’artiste.
Seize portes, seize histoires, racontées par seize plumes d’amoureux inconditionnels de l’île aux lotus, qui était en fait, croit-on savoir, la fameuse pomme de Djerba que venaient razzier les princes normands. Brahim Ltaief présente «la Porte de la Mer», et ses promesses d’ailleurs. Mohamed Kerrou conte l’histoire de «Bab el Medina», et l’importance symbolique de la clé. Michèle Boccara a choisi «Bab el Thour Arbi», et le rituel de la circoncision. Hamadi Rdissi privilégie «Bab el Jar», ce voisin que le Prophète demande de respecter. Azzouz Begag se reconnaît touché par «Bab el Khotba», la porte des fiançailles. Et Tahar Ayachi «Bab Eddokhla», celle de la nuit de noces.
Chacun choisit, selon sa sensibilité, son histoire personnelle, une de ces portes symboliques, rite de passage, mais aussi d’ouverture, une façon de participer au rite du vivre-ensemble.
Mais le dernier mot revient à Faouzia Charfi qui a retenu «Bab el Hwa», la porte de l’espoir.
Après une exposition réussie au siège des Nations unies de Genève, on espère voir très vite les portes de Abbès Boukhobza s’ouvrir à New York.

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