Elle s’appelle Wafa Harbaoui, avec son projet musical «Bine El Binine ( Entre les deux), elle a été sélectionnée pour concourir dans la compétition officielle de la 6e édition des Journées musicales de Carthage qui ont démarré, hier 11 octobre, pour se poursuivre jusqu’au 18 courant.

Wafa est née à Korba en Tunisie. Wafa Harbaoui, avec ses 4 frères tous musiciens, grandit au son des disques des Beatles, Scorpions, Bob Marley, Bob Dylan, Queen et d’autres grands noms de la musique. A l’âge de 10 ans, elle commence à découvrir les pionniers de la musique/chanson arabe orientale : Om Kolthoum, Abdelhalim, Warda, Fayrouz, Najet Saghira et d’autres encore.

En 2003, Elle intègre l’Institut Supérieur de Musique de Sousse. Durant ses 6 années d’études, elle se nourrit de la musique classique arabe avec ses multiples richesses et caractéristiques modales et rythmiques au contact, entre autres, de Khaled Slama, Sonia Mbarek, Senda Zinelabidine.

Elle étudie la guitare avec Emilio Saev et se spécialise en interprétation occidentale avec Hafedh Makni, Fakher Hkima, Mohamed Garfi, Mehdi Trabelsi,… Wafa s’intéresse en même temps à la musique latino-américaine et surtout la musique brésilienne et réalise ses deux mémoires de recherche autour de Villa-Lobos et de l’empreinte de la musique brésilienne sur la variété arabe.

En 2010, elle décide de partir en France pour poursuivre sa formation musicale, ses études de guitare et sa recherche. A Paris, elle rencontre d’excellents professeurs et pédagogues comme Geneviève Chanut, Michel Rolland auprès desquels elle perfectionne son jeu de guitare classique. En parallèle de son parcours au Conservatoire Régional de Cachan, elle s’inscrit au Cfmi d’Orsay, à l’université de Paris Sud pour devenir musicienne intervenante. Elle apprend à créer des projets artistiques et des chorales avec les enfants, à pratiquer la mise en scène mais aussi à développer sa voix lors de multiples stages de chant et de techniques vocales. Wafa a enseigné au sein de l’ISM de Sousse et l’Isam de La Mannouba. Elle est actuellement professeure de guitare et d’éveil musical dans deux conservatoires communaux de la région parisienne.

En 2014, un an après avoir perdu sa mère, Wafa commence à écrire et à composer ses propres chansons en arabe (et en français) dans un style pop/folk/oriental. Elle est guitariste certes, mais ça sera le chant qui prendra le dessus. Chanter devient alors un besoin vital qui lui permettra d’exprimer et de partager sa douleur, ses espoirs et ses rêves.

«Bine el Binine» est son premier album dans lequel elle propose des ambiances pop-folk oriental avec des chansons en dialecte tunisien. Un univers singulier pour raconter l’amour, la joie de vivre, l’aspiration à la liberté et à une vie meilleure.
La guitariste qui écrit et compose ses textes, y évoque des problèmes quotidiens auxquels sont confrontés les hommes, notamment le tiraillement entre deux choix, d’où le titre «Bine el binine» avec des chansons aux titres suggestifs telles que «Dhayaa» (Perdition), «Asafer Tarou» (Les oiseaux envolés), et «Khallini netneffes» (Laisse-moi respirer).

Le morceau principal de l’album au titre éponyme résume, comme le note Wafa, toutes ses sensations de tiraillement entre deux pays, deux sentiments…

Bon vent, l’artiste !

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